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15 dossiers dont 09 de viol inscrits au rôle de la session criminelle du TPI de Lokossa : Bienvenu Milôhin, Gladys Tossou et Saturnin Dansou s’en offusquent et appellent à des actions fortes

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Plusieurs autorités politico-administratives des départements du Mono et du Couffo ont pris part à l’audience solennelle d’ouverture de la première session criminelle de l’année judiciaire, au siège du Tribunal de Première Instance de Lokossa, ce lundi 19 mai 2025. Au nombre des 15 dossiers inscrits au rôle, 09 portent sur le viol sur mineure. À cette occasion, le Maire d’Athiémé Saturnin Dansou, l’honorable Gladys Tossou et le préfet du Mono Bienvenu Milôhin ont été choquées par le caractère endémique du crime de viol sur mineure. Ils ont exprimé leur indignation quant à la recrudescence de cette infraction qui porte atteinte à la personne humaine en général et à la gente féminine en particulier. Ils appellent à des actions fortes.

Ci-dessous l’intégralité de leurs réactions 

Saturnin Dansou

Mes impressions sont très bonnes. Très bonnes dans la mesure où le président du tribunal et le procureur nous ont fait l’honneur de nous inviter à cette session. Pour moi c’est la pédagogie parce qu’il s’agit de nos concitoyens et concitoyennes qui posent des actes de criminalité, des actes qui n’inspirent pas la paix sociale. Donc on nous invite, en tant qu’acteurs du terrain, nous puissions nous servir de tout ce que nous avons appris pour sensibiliser nos frères et sœurs. En venant ici, nous avons appris des choses horribles. Je prends les cas de viol par exemple qui domine pratiquement les dossiers, ça veut dire que nous avons intérêt à venir ici, à aller parler à nos frères pour dire, puisque nul n’est censé ignorer la loi, il faut que chacun de nous prenne ses responsabilités. Nous inviter en tant qu’autorité, c’est nous dire qu’à chaque niveau de responsabilité, chacun doit jouer sa partition pour qu’il y ait la paix sociale dans notre pays. C’est comme ça que je prends cette session, c’est pour ça que je dis que mes impressions sont très bonnes parce que ça va permettre à régler beaucoup de problèmes de société. Je voudrais d’abord lancer un appel à mes concitoyens et concitoyennes pour leur dire que chacun de son niveau s’éveille, chacun puisse connaître les textes chacun et venir surtout à ses audiences pour apprendre, pour être éduqué, pour savoir, parce qu’il y a des choses que nous banalisons dans la société. Quand on va venir ici, ça va nous permettre de se prendre au sérieux. Je voudrais demander aux uns et aux autres de se prendre au sérieux, de poser des actes assez responsables pour créer de la justice pour nous tous.

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Gladys Tossou

J’ai été impressionnée par cette cérémonie d’ouverture de la session criminelle du tribunal de Lokossa. Impressionnée par la qualité des discours que nous avons entendus, aussi bien de la part du procureur que de la part du président du tribunal. Le point fait par le procureur m’a un peu touchée, attristée, parce qu’au titre de 15 dossiers, il a mentionné qu’il y a 9 dossiers de viol. Et ces dossiers de viol, comme il l’a si bien dit, touchent à la femme. La femme qui se sent en ce moment-là, qui est diminuée. C’est quand même des situations très difficiles. Je voudrais seulement souhaiter à la population de venir suivre les différentes audiences qui vont se faire afin de tirer des leçons. Tous ceux qui sont interpellés aujourd’hui ne sont peut-être pas forcément des vrais criminels. C’est par l’ignorance et l’inconscience qu’ils sont tombés sous le coup de la loi. Donc, venir écouter, permettra à la population de tirer leçons. Nous sommes toujours dans la dynamique d’accompagner le gouvernement dans les réformes salutaires. Et c’est vrai que si une chambre criminelle existe de manière fixe, il ne faudra plus attendre d’avoir une session criminelle pour pouvoir trancher. Notre combat au niveau de l’Assemblée nationale sur ce qui concerne le code pénal, c’est de faire en sorte que nous puissions avoir un temps réduit pour les justiciables. Il y a des justiciables qui traînent trop longtemps en prison avant d’être jugés. Donc on souhaite que ce temps-là soit réduit. Et donc, si une chambre existe en matière criminelle, cela contribuera forcément à pouvoir réduire ce temps de traitement des dossiers des justiciables. Notre apport sera de travailler à ce que la loi soit très vite votée dès que les instructions seront données au niveau de l’Assemblée nationale, au niveau de la commission des lois et que ce dossier viendra en plénière et nous l’apporterons à notre société.

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Bienvenu Milôhin 

Nous sommes venus à la cérémonie officielle de lancement de la session criminelle au titre de 2025. Je crois que c’est d’abord un sentiment de fierté de savoir que l’institution de justice fait tout ce qu’elle a en son pouvoir pour non seulement rendre justice aux victimes, mais surtout assurer l’équilibre, la paix et la quiétude dans notre société. À travers cette session, je dirais peut-être que j’ai des attentes qui visent à ce que, aussi bien les condamnés que les victimes puissent, à travers les décisions qui seront rendues, se rendent compte qu’il n’y a pas de justice pour les grands et de justice pour les petits, c’est-à-dire l’équité et l’égalité de tous, comme prévues dans notre constitution. J’ai foi en ces acteurs, en leur capacité et en leur sens de responsabilité, et c’est ce qui motive chaque fois ma présence à leur côté. Je voudrais profiter de votre micro pour leur adresser toutes mes félicitations et mes encouragements pour leur dire que la nation est reconnaissante pour tous les sacrifices qu’ils consentent pour rendre justice, mais également et surtout maintenir la maison de justice droite, et également apporter de la paix, la sécurité et la sérénité dans nos communautés. Vous savez, lorsque vous êtes dans une société où il y a la justice, et bien, il n’y a pas à ricocher, la quiétude, la paix, la sécurité. Et donc, je crois que depuis que je suis à la tête de cette judicature administrative du Monod, je n’ai reçu aucune plainte de quelque citoyen que ce soit qui dit « j’ai eu une situation injustice, je pense que j’ai été lésé ». C’est tout à leur actif, c’est pour moi le moment également de leur rendre cet hommage et de leur dire de ne pas courber l’échine et de rester toujours conforme à leur sacerdoce. Les statistiques sur le viol choquent, surtout au regard de tous les efforts que nous menons dans le département, non seulement pour lutter contre les grossesses non désirées des enfants. C’est choquant d’apprendre que sur 15 dossiers, il y a 9 qui touchent les viols mais cela interpelle également nos communautés, nos populations à la base et surtout les parents. Vous savez, c’est une situation qui perdue à cause de certaines complicités, de certaines incohérences qui s’entretiennent au niveau de nos communautés à la base. Le fait de ne pas dénoncer volontairement, le fait d’appréhender la situation de viol comme un tabou fait que ce mal prospère. Nous devons d’abord savoir que le viol est un crime, puni par la loi et dénoncé, parce que toute tentative de masquer ce crime donne encore des échos favorables aux violeurs. Je voudrais inviter les populations, surtout nos parents dont les enfants sont victimes, à avoir le courage d’aller se plaindre pour laisser l’institution de justice faire son travail. Ce n’est que dans cette mobilisation collective que nous allons décourager à jamais cette situation. De toute façon, au niveau de l’administration préfectorale, au regard de ces statistiques, nous allons également prendre des initiatives pour accompagner la maison de justice pour que la phase de sensibilisation puisse devancer l’accomplissement de ces crimes.

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