La proclamation des résultats provisoires par la Cour Constitutionnelle ce jeudi n’a pas été qu’une simple lecture de chiffres. Dans un souci de transparence et de vérité des urnes, les sages ont procédé à un nettoyage chirurgical du scrutin, annulant plus de 34 000 suffrages. Enquête sur les coulisses d’un contrôle de constitutionnalité sans concession.
Si la victoire du duo Wadagni-Talata est confirmée, elle est passée par le filtre rigoureux de la haute juridiction. Pour garantir la sincérité du vote, la Cour a passé au crible les procès-verbaux de 17 463 postes de vote, incluant les 546 arrondissements nationaux et les centres de la diaspora.
Le rapport de la Cour est un véritable catalogue des irrégularités électorales. Au total, 34 596 voix ont été déclarées nulles ou annulées en raison de manquements divers. Parmi les plus marquants cités par la Cour, on retient des fautes administratives c’est-à-dire plis non fermés, absence de signatures des membres de bureaux de vote, mauvais remplissage des feuilles de dépouillement et absence de registres pour les votes par dérogation. Des erreurs techniques qui comprennent la non-conformité entre les codes des procès-verbaux et les cachets d’authentification, ainsi que des discordances entre les chiffres écrits en lettres et ceux en chiffres arabes.
Des soupçons de fraude. La Cour a explicitement relevé des cas de « bourrages d’urnes » et des incohérences chiffrées entre le nombre d’inscrits et le nombre de votants. La haute juridiction a également indiqué que des bulletins portant des commentaires, des marques distinctives ou des choix « à cheval » sur deux logos. Malgré l’ampleur apparente du chiffre (plus de 34 000 voix), la Cour Constitutionnelle a tranché : ces irrégularités, bien que réelles dans certains postes de vote, ne sont pas de nature à modifier l’issue globale de l’élection « Ces irrégularités ne sont pas de nature à altérer la sincérité, la transparence et la crédibilité du scrutin dans son ensemble », précise le considérant de la Cour.
En opérant ces redressements, la Cour a ainsi nettoyé les résultats pour ne conserver que les suffrages valablement exprimés. Cette démarche renforce la légitimité du président élu, en prouvant que chaque voix comptabilisée a survécu à un examen juridique extrêmement méticuleux.
En conclusion de cet examen, la Cour a déclaré le scrutin du 12 avril 2026 régulier. Ce travail de fourmi permet de clore le chapitre des contestations techniques et de passer à la phase de proclamation définitive. Pour les observateurs, cette rigueur est le gage d’une démocratie qui, bien que confrontée à des erreurs humaines ou logistiques, dispose de mécanismes de correction solides.









