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Dossier Kemi Seba : le Bénin dépêche une délégation à Pretoria pour accélérer l’extradition

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L’étau se resserre autour de Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba. Alors que l’activiste panafricaniste est aux mains de la justice sud-africaine, le Bénin déploie les grands moyens : une délégation ministérielle est attendue à Pretoria pour obtenir son extradition vers Cotonou.

Le dossier Kemi Seba ne relève plus du simple fait divers frontalier. Selon des informations relayées par RFI, le gouvernement béninois a dépêché une mission de haut niveau, incluant potentiellement les ministres des Affaires étrangères et de la Justice. L’objectif est clair : assurer le suivi rigoureux de la demande d’extradition formulée par la justice béninoise dès l’annonce de son arrestation le 13 avril dernier.

La requête de Cotonou ne repose pas sur des velléités politiques, mais sur des procédures judiciaires précises. Deux mandats d’arrêt visent actuellement le président de l’ONG Urgences Panafricanistes notamment blanchiment d’argent, apologie de crime. D’autres sources évoquent également des poursuites pour « crimes contre l’État », tandis qu’Interpol confirme son statut de fugitif recherché tant au Bénin qu’en France.

L’arrestation de Kemi Seba par les Hawks (l’unité d’élite sud-africaine contre le crime organisé) ressemble à un scénario de film. Le 13 avril 2026, à l’issue d’une opération d’infiltration à Pretoria, l’activiste de 45 ans a été intercepté en compagnie de son fils et d’un facilitateur, François van der Merwe. Selon les autorités sud-africaines, le groupe s’apprêtait à franchir illégalement le fleuve Limpopo pour rejoindre le Zimbabwe, avec pour destination finale l’Europe. Lors de l’intervention, les enquêteurs ont saisi environ 318 000 rands en liquide dont une partie aurait déjà été versée à des passeurs. Plusieurs téléphones portables cryptés.

L’incertitude plane désormais sur la date de l’examen de la demande d’extradition. Si une audience est attendue pour le 20 avril prochain, il reste à déterminer si le volet béninois sera traité en priorité ou si la justice sud-africaine se concentrera d’abord sur l’infraction migratoire et financière commise sur son propre sol.

À Cotonou comme à Pretoria, la discrétion reste de mise. Cette affaire, qui mêle souveraineté nationale, réseaux de facilitation clandestins et activisme politique, pourrait durablement influencer les relations diplomatiques entre les deux puissances régionales.

 

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