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Affaire Hugues Sossoukpè : RSF porte plainte contre le Bénin et la Côte d’Ivoire devant la justice de la CEDEAO

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L’organisation Reporters sans frontières (RSF) passe à l’offensive judiciaire au niveau régional. Le 24 avril 2026, l’organisation a déposé une plainte devant la Cour de justice de la CEDEAO pour dénoncer le sort réservé au journaliste d’investigation Hugues Comlan Sossoukpè et à son confrère Ali Moumouni. Cette procédure vise à faire reconnaître les graves violations des droits de l’homme commises par les États béninois et ivoirien.

Au cœur du dossier, les conditions de l’arrestation d’Hugues Comlan Sossoukpè en juillet 2025 à Abidjan. Alors qu’il bénéficiait du statut de réfugié politique au Togo depuis 2021, le fondateur du média Olofofo aurait été attiré en Côte d’Ivoire sous le prétexte de couvrir un événement officiel. Selon les investigations de RSF, il y a été enlevé par des officiers béninois, avec la complicité des autorités ivoiriennes, avant d’être exfiltré vers Cotonou à bord d’un avion privé.

RSF fustige une remise opérée en dehors de tout cadre légal et une violation flagrante de la protection internationale due aux réfugiés. Pour l’organisation, cette affaire, qu’elle qualifie de véritable film d’action, illustre une dérive inquiétante de la coopération policière entre les deux États pour faire taire une voix critique.

Hugues Comlan Sossoukpè n’est pas le seul concerné par cette plainte. RSF défend également la cause d’Ali Moumouni, ancien journaliste du groupe Canal 3, arrêté à Cotonou six jours après l’exfiltration de son confrère. Soupçonné d’être un collaborateur du média Olofofo, il est, comme Sossoukpè, poursuivi pour des chefs d’accusation lourds, notamment harcèlement par voie électronique, rébellion et apologie du terrorisme.

Les conditions de détention sont également pointées du doigt. Hugues Comlan Sossoukpè aurait été maintenu à l’isolement total pendant sept mois, et n’est autorisé à recevoir de brèves visites de ses proches que depuis le début de l’année 2026.

Par cette action devant la plus haute juridiction de l’Afrique de l’Ouest, RSF espère obtenir la libération immédiate des deux professionnels des médias et la réparation des préjudices subis. Arnaud Froger, responsable du pôle investigation de RSF, souligne la gravité de ces manœuvres étatiques inédites dans la région, tandis que Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne, rappelle que les deux hommes croupissent injustement en prison depuis près de neuf mois.

L’arbitrage de la Cour de justice de la CEDEAO est désormais attendu pour déterminer si le Bénin et la Côte d’Ivoire ont effectivement bafoué les principes fondamentaux de la liberté de la presse et du droit à l’information dans cette affaire.

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