Le verdict est tombé ce jeudi 30 avril. Dans son rapport annuel mondial, l’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) dresse un constat alarmant pour le paysage médiatique béninois. Le pays dégringole à la 113e place mondiale, essuyant une chute brutale de 21 rangs par rapport à l’année précédente.
Si RSF souligne que la liberté de la presse atteint son niveau le plus bas au niveau global depuis 25 ans, la situation du Bénin interpelle par sa rapidité. Avec un score de 47,39 contre 54,60 en 2025, le pays ne se contente pas de suivre la dérive internationale ; il subit une détérioration interne profonde de son environnement médiatique.
L’analyse des cinq indicateurs clés du baromètre révèle que presque tous les signaux sont au rouge. La sécurité, c’est la chute la plus vertigineuse du rapport. Le Bénin s’écroule à la 123e place contre la 97e en 2025, témoignant d’une vulnérabilité accrue pour les journalistes sur le terrain. La précarité du secteur se confirme. Le volet social chute au 84e rang -14 places) tandis que l’économie des médias stagne dans les profondeurs du classement à la 126e position.
Les réformes ou pratiques juridiques peinent à convaincre, plaçant le pays au 114e rang. Seul domaine de « stabilité », bien que médiocre, l’indicateur politique se maintient à la 109e place score de 39,81, confirmant un climat toujours sous haute tension pour l’exercice du métier.
Ce recul généralisé sur l’ensemble des variables du baromètre mondial sonne comme un avertissement pour la gouvernance du secteur. Entre pressions sécuritaires et fragilité économique, le journalisme béninois traverse l’une des zones de turbulences les plus critiques de son histoire récente.









