Le Bénin veut produire son propre poisson pour ne plus dépendre des importations qui coûtent très cher au pays. Pour y arriver, le gouvernement a décidé d’installer de grands centres de pêche moderne dans cinq localités dont Comé. L’objectif est de produire assez de poissons pour nourrir les Béninois et faire baisser la facture des achats à l’étranger.
Le choix des sites retenus répond à une volonté de maillage territorial efficace. Outre Comè, les localités de Nagbéto, Awoutè dans la commune d’Allada, Djomon à Avrankou et Toué à Covè ont été identifiées pour porter ce projet d’envergure. Pour garantir la réussite de l’initiative, un bureau d’études spécialisé sera prochainement mobilisé. Sa mission consistera à élaborer, sur une période de treize mois, les plans techniques nécessaires à la construction d’infrastructures capables de produire massivement et selon les standards de qualité du marché.
Cette dynamique s’insère dans le Projet de Promotion de l’Aquaculture Durable et de Compétitivité des Chaînes de Valeur de la Pêche, plus connu sous l’acronyme PROMAC. Lancé en mai 2024 avec l’appui de la Banque africaine de développement, ce programme bénéficie d’un financement de 24,6 milliards de FCFA. L’objectif est ambitieux : produire 30 000 tonnes de poissons supplémentaires par an pour combler le déficit national qui dépasse les 106 000 tonnes.
Au-delà de la construction des bassins, le PROMAC s’attaque aux racines de la faible productivité. Selon La Marina, il prévoit notamment la fourniture de soixante-cinq millions d’alevins chaque année et un accès facilité à des aliments performants pour le bétail aquatique.
Le projet ne se limite pas à la simple production industrielle. Il accorde une place centrale aux femmes, qui jouent un rôle historique dans la transformation et la vente du poisson au Bénin. En structurant ces nouveaux sites, l’État béninois souhaite transformer ses 115 milliards de FCFA d’importations annuelles en une richesse produite localement, créatrice d’emplois et de valeur ajoutée pour les communautés rurales.
Les études techniques attendues constitueront le socle sur lequel reposeront les investissements futurs, marquant ainsi le passage d’une pisciculture artisanale à une véritable industrie aquacole nationale.









