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En prison en Afrique du Sud : Kemi Seba raconte comment il a été livré aux services secrets sud-africains

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Depuis sa cellule en Afrique du Sud, le leader panafricaniste Kemi Seba a brisé le silence dans une longue lettre officielle. L’activiste y détaille le récit rocambolesque de son interpellation le 13 avril 2026, dénonçant une manipulation orchestrée par les services secrets néocoloniaux et une erreur stratégique de ses alliés russes.

Recherché suite à un mandat d’arrêt international émis par le Bénin après le coup d’État de décembre 2025, Kemi Seba explique avoir été contraint à la clandestinité en Afrique du Sud. Sentant l’étau d’Interpol se resserrer, il sollicite l’aide de l’idéologue russe Alexandre Douguine pour organiser son départ vers le Niger, via le Zimbabwe « l’objectif initial, à partir du Zimbabwe, était de rentrer in fine au Niger, puis peut-être en RDC, où l’asile politique m’a été proposé », affirme-t-il, réfutant les accusations de planification d’attentats en Europe.

Le plan d’exfiltration s’active le 12 avril 2026. Selon Kemi Seba, deux agents russes coordonnent l’opération. Après une première étape sécurisée par des agents zoulous, le leader et son fils Khonsou sont conduits le lendemain sur le parking d’un centre commercial à Pretoria. C’est là qu’ils retrouvent deux jeunes « Caucasiens » censés assurer la traversée de la frontière.

Kemi Seba confie ses doutes sur l’instant « Lui et son collègue me paraissent froids, mais je me dis que ce sont des Russes. Je ne cherche de toute façon pas leur amitié, je veux juste sortir de là.» Quelques minutes plus tard, des voitures surgissent à vive allure. Ce que Kemi Seba prenait pour une équipe de sécurité privée était en réalité une unité d’élite agissant sous couverture. « Les hommes cagoulés qui nous ont récupérés sur le parking n’étaient en réalité pas une boîte de sécurité […] mais une unité policière travaillant pour des agents secrets sud-africains blancs », relate-t-il.

L’activiste découvre alors avec stupeur que les deux jeunes convoyeurs n’étaient pas russes, mais des « Boers nationalistes » surveillés de longue date par les autorités locales. Il s’interroge d’ailleurs sur ce choix opérationnel : « Comment les Russes […] peuvent-ils engager pour m’escorter deux nationalistes boers surveillés, surtout quand on connaît a fortiori mon regard radical sur la question du séparatisme boer ? »

Kemi Seba décrit un interrogatoire d’une extrême dureté, mené par des agents qu’il qualifie de profondément hostiles. « je ressens chez eux une agressivité anti-Noirs que je n’ai jamais ressentie de ma vie», écrit-il. Malgré la violence du moment, il note avec une pointe d’ironie que la police ignorait tout de son domicile réel « S’ils ne connaissent pas mon domicile […] c’est qu’en effet ils ne savaient absolument pas où j’habitais dès le départ.»

Pour l’heure, Kemi Seba reste en détention, dénonçant une manœuvre politique du gouvernement béninois visant à « alourdir le dossier visant [son] extradition » en inventant des charges de blanchiment de capitaux et de terrorisme. Le leader panafricaniste conclut en réaffirmant son opposition acharnée au système néocolonial, malgré l’échec de cette tentative d’exfiltration.

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