Le Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC) passe à la vitesse supérieure dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. À travers le projet CARITAS, une enveloppe de 57,7 millions de FCFA est mobilisée pour structurer des sites agroécologiques modèles dans les départements du Mono et de l’Atacora.
Loin des simples discours de sensibilisation, le Bénin engage désormais une phase de modélisation technique sur le terrain. Sous l’impulsion du FNEC, un cabinet spécialisé sera prochainement déployé pour une mission de trente jours visant à transformer quinze groupements communautaires en véritables gestionnaires de sites agricoles résilients.
L’originalité de cette démarche réside dans son ancrage social. Le projet s’appuie sur les groupes d’épargne et de crédit interne (SILC), des structures de microfinance solidaire déjà bien implantées. L’objectif est d’injecter une expertise technique (gestion de l’eau, conservation des sols) dans ces groupements pour garantir que l’adaptation climatique devienne un levier de rentabilité économique. Un diagnostic participatif rigoureux permettra d’adapter les solutions agroécologiques aux réalités socioculturelles spécifiques de chaque localité.
Le choix de Bopa et Boukombé n’est pas fortuit. Il répond à une stratégie de « résilience par les extrêmes ». À Bopa, l’accent est mis sur la préservation des zones humides et la stabilisation des sols sablonneux du lac Ahémé, fragilisés par les cycles hydrologiques irréguliers. À Boukombé, le défi est celui de l’érosion et de la rareté des pluies en zone de montagne. En réussissant sur ces deux écosystèmes radicalement différents, le projet CARITAS espère créer des modèles de réussite duplicables à l’échelle nationale.
Le prestataire sélectionné aura la lourde tâche de fournir un arsenal opérationnel complet notamment l’identification des besoins*m spécifiques des 15 groupes bénéficiaires, l’élaboration de fiches techniques*m et de plans d’action personnalisés, l’intégration des dimensions Genre et Environnement, conformément aux exigences des bailleurs internationaux (Fonds d’Adaptation).
En misant sur le modèle SILC, le gouvernement béninois parie sur l’appropriation communautaire. L’idée est de créer un système où les sites de démonstration survivent au financement initial grâce à une gestion autonome et durable. Face aux prévisions climatiques alarmantes d’ici la fin du siècle, cette territorialisation de l’adaptation apparaît comme l’ultime rempart pour sécuriser les revenus des ménages ruraux et restaurer les terres épuisées.









