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SeDIM 2026 à Lokossa : la FJAD et la communauté brisent les tabous et s’engagent pour la dignité menstruelle

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La Maison du Peuple de Lokossa a vibré, les 29 et 30 mai 2026, au rythme de la phase présentielle de la deuxième édition de la Semaine de la Dignité Menstruelle (SeDIM 2026). Porté par la Fondation des Jeunes Amazones pour le Développement (FJAD) et ses partenaires, cet événement majeur a réuni une mobilisation exceptionnelle pour briser définitivement les tabous entourant les règles.

Prévue du 25 au 30 mai 2026, la SeDIM a connu son apogée lors de son étape présentielle à Lokossa. Dès la veille du lancement, une grande caravane de la dignité menstruelle a sillonné les artères de la ville, annonçant les couleurs d’un événement au succès déjà tracé. En effet, le vendredi 29 mai, le lancement officiel a tenu toutes ses promesses. Élèves, étudiantes, parents, professionnels de la santé, activistes, artistes et autorités politiques et administratives se sont fortement mobilisés pour s’informer, échanger et s’engager.

Au cœur des échanges de cette édition, un thème central et interpellateur : « La dignité menstruelle pour toutes les personnes menstruées, jusqu’au dernier kilomètre ». Pour Benedicta Aloakinnou, présidente de la FJAD-Bénin, il est urgent de briser le silence institutionnalisé et familial qui expose les adolescentes aux moqueries et à l’isolement « les menstrues ne sont ni une honte, ni une malédiction, encore moins une impureté. Elles sont une réalité biologique naturelle », a-t-elle martelé. Elle a rappelé avec force que la gestion des règles dépasse le simple cadre de l’hygiène « c’est une question de santé, c’est une question de dignité, c’est une question de justice ».

La cause a reçu un soutien de taille de la part des autorités sectorielles du département du Mono. Firmine Anani, représentante du Directeur Départemental des Affaires Sociales (DDASM) du Mono, s’est réjouie de voir des hommes et des garçons s’impliquer activement « la dignité menstruelle n’est pas une affaire réservée aux femmes, elle concerne toute la société », a-t-elle souligné.

De son côté, Hermine Gaba, représentant le Directeur Départemental de la Santé (DDS) du Mono, a hissé la santé menstruelle au rang d’enjeu de santé publique. Elle a exhorté la jeunesse à s’approprier les informations fiables dispensées pour déconstruire les idées reçues. Citant un proverbe africain, le représentant du maire de Lokossa a marqué les esprits « la rivière qui nourrit le village ne doit jamais être couverte de honte. En parler avec respect et responsabilité, c’est faire avancer la dignité humaine ». En procédant au lancement officiel de l’événement, Benoît Adodo a rappelé que le « dernier kilomètre » désigne cette jeune fille isolée, privée d’information et de protections, qui souffre en silence.

Soutenue par des partenaires stratégiques tels qu’EquiPop et l’AFD, cette édition a proposé un programme diversifié alliant sensibilisation grand public en français et en langues locales et outils d’autonomisation notamment le panel inaugural aligné sur le thème de l’année, ainsi qu’une réflexion profonde intitulée « De l’hygiène à la dignité menstruelle : pourquoi changer le narratif ? », une foire éducative, une visite guidée des stands et des ateliers d’apprentissage de fabrication de serviettes menstruelles réutilisables.

La journée du 30 mai a été marquée par des activités originales telles qu’un tribunal fictif des tabous menstruels, des partages d’expériences à travers des témoignages croisés, ainsi que des sessions parallèles sur l’importance de l’éducation nutritionnelle liée à la santé menstruelle et autres.

En réussissant le pari d’allier sensibilisation, éducation pratique et engagement des autorités, la SeDIM 2026 s’impose désormais comme un rendez-vous incontournable. À Lokossa et grâce à la FJAD, les tabous ont reculé, ouvrant la voie à une nouvelle ère où la dignité menstruelle n’est plus un luxe, mais un droit garanti pour chaque fille et femme, jusqu’au dernier kilomètre.

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