En fin mai dernier, le rappeur togolais Amron a été arrêté à Lomé. Cette arrestation qui défraie la chronique depuis quelques jours intervient après que le rappeur ait émis des critiques virulentes à l’encontre du pouvoir de Lomé. Dans un message, sa famille et ses amis ont tenté de calmer le jeu, d’apaiser les cœurs et surtout d’appeler à un sursaut patriotique pour que le rappeur recouvre sa liberté. Ci-dessous l’intégralité du message 👇
Nous, famille, proches et amis d’Amron, avons compris. Mais il est aussi temps que vous compreniez.
Amron, aujourd’hui, reconnaît ses torts. Il reconnaît qu’il est allé trop loin, qu’il a été emporté, dépassé. Derrière ses mots, il y avait de la douleur, beaucoup de solitude, et une grande fragilité. Il l’a dit lui-même : parfois, pour tenir, il lui fallait “prendre des trucs”, juste pour ne pas sombrer. Et puis il y a eu les pressions, les influences — certains lui ont fait croire qu’il portait un combat, qu’il devait aller plus loin, qu’il serait porté, soutenu, élevé.
Mais aujourd’hui, c’est seul qu’il fait face. Et les cris de la toile, les hashtags et les surenchères médiatiques ne l’aident pas. Au contraire, ils l’enfoncent. Ils étouffent les démarches paisibles et dignes de sa propre famille, qui tente depuis des jours de le soutenir, de le sortir de là, sans bruit. Oui, Internet lui a permis de parler. Mais aujourd’hui, Internet le fait souffrir plus qu’il ne le libère.
Ce qu’Amron traverse n’a rien d’un jeu d’opinion. C’est un épisode douloureux, intime, qui relève bien plus d’un suivi psychologique que d’un procès populaire. Il a besoin d’aide, pas d’agitation. Il a besoin de paix, pas d’instrumentalisation.
Amron, dans le silence de sa cellule, a compris. Il ne cherche pas à fuir ses responsabilités, il demande juste que l’on entende sa sincérité, que l’on respecte son humanité.
Il n’est pas en conflit avec le Président du Conseil. Jamais ce dernier n’a porté plainte. Jamais il n’a réclamé la moindre sanction. Ce n’est pas une affaire politique. C’est une chute personnelle amplifiée par le vacarme des réseaux.
Nous demandons avec humilité, au nom de sa famille et de ceux qui l’aiment vraiment : laissons le tumulte. Apaisons les cœurs. Et unissons nos voix non pour crier, mais pour demander, avec respect et dignité, la clémence.
Car au fond, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu. Il n’y a qu’un jeune frère, blessé, qui mérite qu’on l’aide à se relever et a se déstabiliser.
S.E









