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Bénin : l’artiste béninois Messager Junior transforme la plainte des AME en hymne national de justice

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Au Bénin, une voix claire, audacieuse, et vibrante d’humanité s’est élevée pour porter une revendication à l’attention du Chef de l’État. Celle de Messager Junior, jeune artiste béninois de la musique moderne d’inspiration traditionnelle, qui, à travers son nouveau single, donne à la lutte des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) les accents d’un hymne national de justice.

Le morceau, construit sur un texte inspiré du plaidoyer officiel de la Fédération Nationale des Collectifs des Enseignants Pré-Insérés du Bénin (FéNaCEPIB), ne se contente pas d’émouvoir : il interpelle. Messager Junior y met en musique les mots, la patience, les blessures et les espoirs de milliers d’enseignants précaires, qui depuis sept ans font vivre l’école béninoise sans véritable statut.

Dans ce chant mêlant Fon, Yoruba et Français, la douleur devient mélodie, et la mélodie, un appel à la conscience nationale. « Ceux qui avaient 23 ans hier en ont déjà 30… Ceux de 33 ans frôlent la quarantaine », chante-t-il, avec une émotion contenue, presque fraternelle. En reprenant le ton respectueux du message adressé au Président de la République, l’artiste rend hommage aux efforts déjà consentis par l’État : la gratuité scolaire pour les enfants des AME, l’amélioration salariale, le contrat 12/12. Mais son refrain, grave et solennel, rappelle la promesse inachevée : le reversement en ACDPE.

La chanson, déjà largement partagée sur les réseaux sociaux, réunit citoyens, enseignants et mélomanes dans un même élan de reconnaissance. « Messager Junior a réussi à transformer la douleur en espérance collective », confie Ferdinand Sourou Missenhoun, l’un des porte-paroles de la FéNaCEPIB.

Car au-delà des notes, c’est un acte citoyen et poétique qui s’inscrit désormais dans la mémoire nationale : un cri du cœur devenu chanson d’unité.

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Monsieur le Président, Père de la Nation,

Permettez que ma voix s’élève aujourd’hui, non pas pour contester, mais pour supplier avec dignité.

Les Aspirants au Métier d’Enseignant ont servi avec patience, enseigné avec abnégation, et tenu debout malgré l’incertitude depuis bientôt sept (07) ans.

Oui, par la voix de leur faîtière la FéNaCEPIB, ils reconnaissent vos efforts : la gratuité de la scolarité pour les enfants des AME, l’augmentation des salaires, le contrat 12/12, et tant d’autres pas déjà franchis.

Mais, au bout du chemin,

ils attendent ce que tout enseignant mérite : un statut stable, une carrière digne, le reversement de tous les AME en ACDPE, ou, à défaut, de ceux qui ont déjà comptabilisé trois (03) années de service, comme annoncé par votre gouvernement depuis trois ans.

Car, Monsieur le Président, une génération s’épuise dans l’attente. Ceux qui avaient 23 ans hier en ont déjà 30, ceux qui avaient 33 ans tutoient la quarantaine, et ceux de 43 ans portent déjà les traits du temps.

Monsieur le Président, c’est du bien-être de toute la Nation qu’il s’agit. Car, dans chaque famille, dans chaque concession, il y a au moins un AME.

Ils sont donc vos enfants !

À l’image des nombreux plaidoyers sereins et courtois de la Fédération Nationale des Collectifs des Enseignants Pré-Insérés du Bénin (FéNaCEPIB) à votre endroit, *je* (le *je* de l’artiste) viens, non pas en adversaire, mais en fils de cette Nation, pour défendre une cause noble, et réclamer justice sans heurts ni cris.

Gratitude infinie à la grande maison syndicale, notamment la Confédération des Organisations syndicales Indépendantes du Bénin (COSI-BENIN), qui, toujours présente aux côtés de la FéNaCEPIB, a été un soutien indéfectible pour les AME, les épaulant avec détermination et solidarité dans leur lutte pour une insertion digne dans la fonction publique, depuis l’instauration du système de pré-insertion.

À écouter

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