C’est une affaire d’escroquerie rocambolesque qui a été examinée ce lundi 2 mars 2026 par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Un individu, s’étant fait passer pour un haut cadre du ministère de l’Économie et des Finances, est accusé d’avoir soutiré plus de 20 millions de FCFA à plusieurs victimes, dont son propre beau-père et un agent de police.
Le prévenu ne manquait ni d’audace, ni de mise en scène. Se présentant tour à tour comme Directeur des Ressources Financières et du Matériel (DRFM) ou bras droit du ministre d’État Romuald Wadagni, il aurait bâti un empire de mensonges pour abuser de la confiance de son entourage. Pour crédibiliser son imposture, l’homme utilisait des artifices bien rodés. Selon les dépositions recueillies à la barre, il exhibait des mallettes de billets et simulait des appels téléphoniques. Son téléphone affichait alors le nom « Mon Ministre ». « Quand le téléphone sonnait, il me montrait l’écran pour prouver que c’était le ministre des Finances qui cherchait à le joindre », a témoigné l’une des victimes, à qui il aurait réclamé près de 6 millions de FCFA.
Pour brouiller les pistes financières, le prévenu demandait à ses victimes de déposer l’argent sur leurs propres comptes bancaires avant de faire valider des retraits par sa « secrétaire ». L’enquête a révélé que cette mystérieuse collaboratrice n’était autre que sa conjointe, rapporte Banouto. L’escroquerie n’a épargné personne. Même un agent de police s’est fait piéger, réclamant aujourd’hui 225 000 FCFA avancés pour l’achat de gasoil.
Le préjudice le plus lourd semble avoir été subi par le cercle familial. Son beau-père, partie civile au procès, a raconté comment son gendre lui a facturé 5 millions de FCFA une parcelle qui n’en valait que 3,5 millions. Plus grave encore, le beau-père aurait décaissé 8 millions de FCFA pour un domaine dont il n’a jamais reçu les titres de propriété. L’enquête a également révélé que les immeubles que le prévenu présentait comme les siens appartenaient en réalité à sa belle-mère.
Sentant l’étau se resserrer, le mis en cause aurait inventé une prétendue « brouille » avec le ministre d’État pour justifier ses retards de paiement. Pour rassurer ses créanciers, il prétendait avoir mandaté des personnalités de haut rang, telles que le porte-parole du gouvernement ou le procureur spécial des affaires foncières, pour intercéder en sa faveur.
Face à l’ampleur des dépositions, la Cour a jugé nécessaire d’approfondir l’enquête. Le prévenu, resté bras croisés dans sa tenue de prisonnier durant l’audience, sera de nouveau face à ses juges le 27 avril 2026. Pour cette occasion, la conjointe du prévenu, la supposée secrétaire ainsi que sa belle-mère sont convoquées à la barre pour apporter leurs témoignages.









