À l’approche des échéances électorales de 2026, l’ancien député Malik Gomina livre une analyse profonde de la transformation structurelle de l’économie béninoise. Entre fierté industrielle et nécessité de dialogue social, l’acteur politique salue l’émergence d’un Bénin qui ne se contente plus d’exporter ses matières premières, mais qui les transforme désormais en levier de souveraineté.
Pour Malik Gomina, l’agriculture est restée le socle du développement national, mais avec une approche radicalement modernisée. « L’agriculture, c’est l’avenir de notre pays et du monde. Ces dernières années, nous avons vu les grands bonds que le pays a pu faire grâce aux semi-modèles et à la mécanisation », souligne-t-il.
Cependant, la véritable révolution réside dans le passage de la production brute à la transformation locale. L’ancien parlementaire exprime une immense fierté face à l’éclosion d’une industrie agroalimentaire et textile capable de capter la plus-value qui, jadis, s’échappait vers l’Asie. Évoquant la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), Malik Gomina ne cache pas son enthousiasme. Il ne s’agit plus seulement d’économie, mais de dignité nationale « quel militaire béninois n’est pas fier de porter des treillis produits au Bénin ? Quel Béninois ne sera pas fier demain d’apprendre que les maillots de la Coupe du Monde sont faits de coton béninois produit et transformé ici même ? »
Pour lui, la fin de l’exportation systématique des produits bruts vers le Vietnam ou l’Indonésie est une victoire sociale. « transformer sur place, c’est créer des emplois pour notre jeunesse plutôt que d’aller créer ces emplois ailleurs pour des produits que l’on nous revend ensuite 100 fois plus cher. » Malgré ce bilan qu’il juge « très bon », l’honorable Malik Gomina fait preuve de lucidité sur les zones d’ombre, notamment les tensions nées de l’interdiction d’exporter certains produits bruts. Il reconnaît une « malcompréhension » et parfois une gestion « non optimale » des relations entre les producteurs et l’État.
Pour l’avenir, le défi du successeur de Patrice Talon est tout tracé à savoir, établir un mécanisme d’entente solide entre les agriculteurs et les industriels pour que « tout le monde trouve son compte », jouer un rôle de catalyseur pour apaiser les frustrations des producteurs qui ont parfois eu le sentiment de perdre leur liberté de vente et rechercher la perfection car, selon lui, si ce qui a été fait n’est pas mauvais, « il reviendra à l’avenir de pouvoir faire encore mieux ».
En perspective du scrutin du 12 avril 2026, Malik Gomina invite les citoyens à transformer cette fierté économique en acte politique fort. Il voit dans le vote massif le moyen de valider cette trajectoire qui doit faire du Bénin un futur « dragon » économique. « le 12 avril, les Béninois doivent montrer qu’ils sont fiers de ce que notre agriculture est devenue et de l’industrialisation qui se poursuit. Nous devons sortir massivement pour dire que le Bénin de demain sera un dragon, et chaque citoyen doit pouvoir le montrer à travers son vote », a-t-il conclu.









