À moins d’un an des élections législatives et présidentielles de 2026, les organisations de la société civile Edubourses et Paradigm Initiative lancent un appel pressant aux acteurs clés du processus électoral béninois. Ceci à travers une conférence de presse tenue à Azalaï Hôtel de Cotonou ce mercredi 4 juin 2025. Leur objectif : garantir un cadre numérique sécurisé, accessible et exempt de désinformation pour des scrutins crédibles et inclusifs.
Par Donatien Fernando SOWANOU
Alors que le compte à rebours est lancé, l’attention se tourne inévitablement vers la tenue d’un scrutin qui se veut crédible, inclusif et transparent. C’est dans ce contexte que l’Ong Edubourses, en partenariat avec Paradigm Initiative – une organisation africaine de référence en droits et inclusion numérique ont formuler des recommandations majeures pour un environnement numérique propice à des élections apaisées et démocratiques. Au cœur des préoccupations, la lutte contre la désinformation et la garantie de la liberté d’accès à l’information numérique. Moussa Wally Séné, chargé de projet chez Paradigm Initiative, a souligné l’importance capitale d’un accès libre et ininterrompu à Internet pendant toute la période électorale.
Selon lui, c’est une condition sine qua non pour permettre une participation citoyenne active et une circulation fluide et fiable de l’information. Il a également insisté sur la nécessité de veiller à ce que les lois existantes contre la désinformation ne deviennent pas, par une interprétation ou une application abusive, des instruments de censure des voix critiques indépendantes. La transparence et les mécanismes de surveillance numérique, couplés à un contrôle judiciaire rigoureux, sont essentiels pour éviter tout dérapage.
Les recommandations formulées par EduBourses et Paradigm Initiative s’adressent à une pluralité d’acteurs. Le gouvernement est exhorté à garantir cet accès illimité à Internet et à s’assurer que les lois en vigueur ne portent pas atteinte aux libertés numériques. Wenceslas Mahoussi, président de l’ONG Edubourses, a rappelé l’engagement international du gouvernement béninois, notamment auprès des Nations Unies, à revoir l’article 550 du Code du numérique qui traite du harcèlement par le biais d’une communication électronique. Cet article ne doit en aucun cas être perçu comme une menace ou un outil de répression à l’encontre des acteurs de la société civile et des journalistes insiste t-ils.
La Commission électorale nationale autonome (CENA) et les organisations de la société civile sont également interpellées. Elles sont invitées à garantir la disponibilité et l’accessibilité de la liste électorale pour tous les citoyens en âge de voter. Plus encore, elles doivent intégrer des outils numériques fiables et transparents dans l’organisation du scrutin afin de renforcer la confiance du public dans les résultats.
Les partis politiques ont, quant à eux, un rôle crucial à jouer dans la promotion d’une campagne électorale responsable en ligne. Il leur est recommandé de s’abstenir d’utiliser abusivement les plateformes numériques pour diffuser de la désinformation. L’adoption de chartes d’engagement pour la paix numérique et le respect des règles démocratiques est également souhaitée pour instaurer un climat de sérénité et de respect mutuel.
Enfin, les médias, véritables piliers de l’information, sont encouragés à adopter des pratiques journalistiques responsables. Cela inclut l’exclusion de la propagande, des rumeurs et des discours haineux, tout en renforçant la vérification des faits. La documentation des violations des droits numériques durant le processus électoral est également encouragée pour soutenir les actions de plaidoyer et dénoncer toute entrave à la liberté d’expression en ligne. 
En somme, l’appel d’Edubourses et de Paradigm Initiative est un plaidoyer vibrant pour un environnement numérique sain et sécurisé, essentiel à la tenue d’élections crédibles et transparentes au Bénin en 2026. Une réforme des lois numériques conformes aux standards internationaux relatifs aux libertés numériques et aux droits humains est également souhaitée pour pérenniser ces acquis et assurer le plein exercice des droits numériques des citoyens.









