Le département du Mono a vibré ce lundi 21 avril au rythme du festival des Zangbeto, organisé par la direction départementale du tourisme, de la culture et des arts du Mono dans le cadre des festivités d’Athiémé-Zan 2025. Un moment fort qui célèbre l’identité culturelle béninoise et valorise les traditions vodoun à travers des démonstrations impressionnantes et spectaculaires.
En effet, depuis 2021, le gouvernement du Président Patrice Talon a engagé une dynamique forte de valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel. Cette politique s’accompagne de la construction d’un nouvel état d’esprit national, tourné vers la fierté identitaire. C’est dans cet élan que s’inscrit le festival des Zangbeto organisé à Athiémé, avec la participation des groupes de zangbéto de Houéyogbé, Lokossa, Athiémé, Grand-Popo et Comé. L’objectif est tout simple mais importantissime selon le DDTCA « Nous avons voulu révéler à la population locale et aux étrangers présents pour les festivités d’Athiémézan 2025 toute la richesse artistique et spirituelle de nos Zangbéto », a affirmé Rock Gnassounou-Akpa.

Le public, venu en masse, a assisté à des démonstrations saisissantes. Pendant plusieurs heures d’horloge, les Zangbéto se sont mis en évidence, présentant divers tableaux allant des plus spectaculaires aux plus inimaginables. C’est ainsi par exemple, que dans le jeu des Zangbéto de sont transformés en objets divers. Chacun d’eux choisit d’y aller de son génie. Le premier, celui d’Athiémé, va se métamorphoser en un tolègba dont le pénis était en mouvement et un autre qui va servir de préparer un poulet et de la pâte tout chaud. Le groupe de Sahouè Doutou a présenté un tableau plus impressionnant notamment avec un zangbéto qui s’est ouvert au public sous la forme d’un oiseau balançant ses bras. Plus intéressant encore était le numéro de la métamorphose présenté par le groupe de zangbéto de Lokossa. Le zangbéto a été démonté en pièce et chaque partie était en mouvement, offrant un beau spectacle aux populations en extase. Ceux de Comé ont également émerveillé le public à travers quelques démonstrations.

La crème de la crème viendra du groupe des zangbéto de Grand-Popo. Ce groupe a offert des démonstrations qui sortent de l’ordinaire. Un zangbéto qui se présente en une chambre salon avec des fenêtres et un autre qui a fait découvrir son intérieur aux spectateurs. Mais le plus sidérant aura été la « résurrection » d’un individu. En effet, aux yeux de tout le monde, il est entré dans un cercueil couvert de deux tissus blancs. Quelques instants après et au 7e appel du zangan, l’homme a été aperçu dans un coin du stade d’Athiémé sous l’apparence d’un revenant en boubou blanc, laissant le cercueil vide.

Une scène qui a ému et impressionné l’assistance surtout qu’elle intervient un lundi de Pâques, témoignant ainsi de la profondeur des rites endogènes « Ce que nous avons vu est une résurrection symbolique de nos ancêtres. Ces manifestations montrent combien notre culture est vivante et mérite d’être protégée. Je remercie le Président Patrice Talon. C’est lui qui fait tout. Nous les têtes couronnées sommes fiers. On ne peut pas abandonner notre culture, car c’est elle qui nous fera évoluer », a souligné Togbé Yédy, président communal de la CNCVB Racine et vice-président du Mono au sein du comité des rites vodoun du Bénin.


Pour Sodokin Toulace, président du comité d’organisation d’Athiémézan 2025, cette activité a été la cerise sur le gâteau « Nous avons été surpris et sidérés par les talents des différents groupes de zangbéto. Ce festival a permis à tous les fils et filles d’Athiémé de se retrouver autour de ce que nous avons de plus précieux : notre identité culturelle », a-t-il confié, exprimant sa reconnaissance envers la direction de la culture du Mono pour l’initiative.

Ce festival des Zangbeto est une réponse forte à la diabolisation des valeurs endogènes puisqu’il a été l’occasion rêvée pour les populations de comprendre l’importance de la culture vodoun dans le patrimoine béninois, tout en découvrant les efforts du gouvernement pour faire de la culture un levier de développement. Il illustre que le Bénin peut construire sa modernité sans renier son passé, comme le rappelle un proverbe « Un peuple sans culture est un peuple qui n’existe pas ». Rappelons que des attestations ont été décernées aux communes participantes.












