Au Bénin, le procès tant attendu de l’affaire de disparition de Pierre Urbain Dangnivo est ouvert ce mardi 11 mars 2025 au tribunal de Cotonou. Ce mercredi, les principaux accusés Codjo ALOFA et Donation Amoussou ont planché suivis des témoins et des experts.
Au nombre des experts, figure celui reçu depuis la France. En effet, par visioconférence, l’expert français et médecin légiste Guillaume Monique a livré les résultats de ses analyses de contre-expertise sur les restes du corps humain retrouvés chez l’accusé Alofa à Womey en 2010. Ce sont ces restes humains qui ont été présentés comme le corps du disparu Pierre Urbain Dangnivo.
Selon les analyses des prélèvements qui ont été faites sur quatre enfants de Dangnivo et sur deux parents afin de savoir s’il y a un lien de filiation avec le corps retrouvé, la probabilité que le corps soit celui de Dangnivo est de 99,99 %.
Selon les standards, explique l’expert, lorsque le résultat est de 1%, cela signifie que l’analyse n’est pas parvenue à identifier la personne. A partir de 99%, cela veut dire que la personne a été identifiée. Dans le cas qui lui a été soumis, le résultat est de 99,99%. Ce qui veut que le corps retrouvé à Womey est de Pierre Urbain Dangnivo. Donc ce dernier ne serait plus en vie.
À la suite de l’expert français, le docteur Anatole Laleye présente au tribunal, son rapport d’expertise sur la base des prélèvements. Selon lui, l’analyse génétique des prélèvements effectués montrent un profil masculin humain unique. Le profil masculin, souligne-t-il, est identique au profil des prélèvements contenus dans le bocal.
À leur suite, le médecin légiste Clément Padonou a donné des précisions sur les prélèvements effectués sur le corps exhumé à Womey en 2010. À l’en croire, il a été déterré un cadavre putréfié, enterré à même le sol à Womey. Il a ajouté qu’un monsieur leur avait montré un bocal contenant des organes sur les lieux.
Un détail retient l’attention de la Cour
Dans ses explications devant la Cour, le professeur Anatole Laleye a affirmé ne pas travailler sur les parties osseuses. A cette clarification, la partie civile a rebondi en demandant comment des prélèvements osseux ont été retrouvés dans le bahut du professeur. Ce dernier ne voulait pas répondre mais la Cour lui a ordonné de dire si le crâne du corps retrouvé ce jour-là est dans le bahut
Anatole Laleye : « Je ne sais pas », a-t-il répondu précisant que toutes les questions liées aux parties osseuses doivent être posées à un légiste. Sur la question, la cour a indiqué qu’après la mise ensemble du squelette, cela ne correspondait pas à la taille de DANGNIVO. Le procureur explique que les questions des avocats devraient normalement être posées à l’expert Français Guillaume MONIQUE qui lui a travaillé sur les tissus osseux, notamment 2 sur 3 des tissus osseux ont été riches en informations.
Le ton monte de part et d’autre…
Ce que révèle l’autopsie médico-légale
Au niveau de la tête du cadavre : du sable, fracture et enfoncement de l’os frontal et perte de substance osseuse, une fracture ou un écrasement de tous les os de la face avec des pertes de plusieurs dents.
– La peau thoracique n’était pas descriptive du fait de la putréfaction, du poils noir crépus au niveau du pubis.
– La putréfaction avancée ne permettait pas d’apprécier le sexe.
Selon Clément Padonou, médecin légiste « ces fractures et lésions seraient la cause de la mort de l’intéressé… Je ne dispose pas de la technologie nécessaire pour évaluer la date de décès de l’intéressé ».
Bernard Lani DAVO libre sa part de vérité et cité Boni Yayi
Le juge : Connaissez-Vous les deux accusés ici dans la salle ?
Bernard Lani DAVO : Je ne les connais pas. Je ne suis pas physionomiste. Mais je reconnais avoir rencontré un détenu à la prison civile de Missérété, sur demande de quelqu’un se présentant comme de la garde républicaine de la part du Président Yayi…
Partie civile : Selon vous, quel intérêt a Monsieur Amoussou de venir alléger ces faits à votre endroit ?
Davo : La première fois que j’ai vu le gendarme Amoussou je lui ai remis l’argent main à main. J’ai toujours un livre sur moi… Selon ma compréhension, c’est le garde présidentiel qui m’a appelé. La personne qui m’a appelé, parlait au nom du Président de la République
Président de céans : Qui est le « on » dont vous parlez ?
DAVO : Je sais que je lui ai remis un livre.
Qu’il (Donatien AMOUSSOU) donne le numéro et on pourra vérifier, parce que à Canal+ tout est enregistré. Il est abonné à quelle formule ?
Donatien AMOUSSOU: Il sait que depuis 13 ans, je ne peux pas me souvenir du numéro canal+. C’est pourquoi il demande que je donne le numéro canal+… Concernant l’affaire de Canal + , c’est l’ancien ministre qui m’a demandé pour me distraire de lui donner le numéro du décodeur canal+. J’avais une petite télé. Chaque fin du mois je recevais l’abonnement sans appeler. On était en isolement, personne n’avait accès à nous. L’ancien ministre à juré de dire la vérité, alors qu’il dise la vérité.
Davo nie avoir fait des abonnements Canal+ au sieur Donatien AMOUSSOU. « Après ses plaintes, je lui ai dit de prier. On n’a pas fait plus de cinq minutes parce que j’avais des rendez-vous dans ma boutique. Un jour j’étais sur la route de Porto-Novo quand un garde présidentiel m’a appelé soit disant de la part du chef de l’État. La personne au téléphone me demandait d’aller à la prison de Missérété pour remettre une somme de 100.000f à un certain détenu du nom de Amoussou. J’ai expliqué que je n’avais pas d’argent et la personne me demandait alors d’essayer de trouver 50.000f.
Ce que j’ai fait et je suis allé à la prison. J’ai demandé d’après un certain Amoussou et c’est un monsieur qui est venu. Peu après ça, quand j’ai quitté là-bas et j’étais sur la route de Ouando, le même prétendu garde présidentiel m’a rappelé et a souligné le fait que je ne sois pas allé remettre l’argent au détenu.
C’est au second tour que j’ai vraiment pu voir le sieur Amoussou. Quand nous nous sommes vus, et avions à peine échangé il s’est plaint. Je n’ai même pas cherché à savoir pourquoi il se plaignait.
J’ai toujours cherché à voir le chef de l’État mais en vain. Jusqu’à ce jour où je vous parle, la voix au téléphone ne m’a plus jamais appelé et je n’ai pas été reçu par le Président. Sinon la voix au téléphone, me disait avant ça que le Président était au Nord et qu’il devait se rendre à Abuja pour une réunion urgente…
Prince Allédji qui était chef de la police judiciaire au commissariat central de Cotonou est à la barre
Selon lui, le premier élément qu’il a obtenu dans cette affaire est que Dangnivo aurait eu un enfant avec une dame qui l’a récemment menacé, parce que ce dernier n’aurait pas reconnu l’enfant. Et c’est dans la foulée que le drame intervient dans la nuit du 17 au 18 Août 2010. « Codjo Alofa a communiqué avec Dangnivo avant sa disparition et continue. C’est Alofa qui a préparé la potion qu’il a donnée à Dangnivo.. Les relations entre Alofa et Dangnivo portent sur l’enfant qu’il aurait eu avec une femme qu’il n’a pas reconnu. Dangnivo aurait approché Alofa pour lui demander de l’aider à éliminer l’enfant qu’il aurait eu avec la dame.
Mais c’est la disparition de Dangnivo qui a fait naître l’enquête qui a abouti à l’extraction de Codjo Alofa qui séjournait à la prison de Cotonou pour vol de moto.
Codjo Alofa revient à la barre « C’est Prince Allédji qui m’a dit d’impliquer Donatien Amoussou dans le dossier. C’est lui, Allédji, qui a monté tout le coup …Quand j’étais en détention, Prince Aledji aussi me bastonnait
– Un jour, il (Prince Aledji) était entrain de retirer des munitions d’une arme. Mais comme il n’y arrivait pas. Il est venu à côté de moi et a tiré. Il m’a signifié que c’est de la même façon qu’il allait tirer sur moi si je ne m’exécutais pas à la tâche. Il me menaçait également.
Prince Aledji a ajouté qu’il y a eu 10 échanges téléphoniques entre Pierre Urbain DANGNIVO et Codjo Cossi ALOFA
Président de céans: Comment quelqu’un qui serait coupable de la disparition d’un individu, peut prendre le téléphone de la victime, aller à la radio. A cet endroit on lui dit non. Il va ensuite à l’Ortb pour déposer le téléphone. l’Ortb refuse aussi. Ensuite il va au palais déposer le téléphone. Où se trouve une logique à tout ça ?…
À suivre…









