Le Président sierra-léonais Julius Maada Bio a été officiellement désigné président en exercice de la CEDEAO, lors du dernier sommet des chefs d’État tenu ce week-end à Abuja. Et pourtant, c’est le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, qui est annoncé pour prendre la tête de l’organisation ouest-africaine. Malheureusement, il a été écarté pour plusieurs raisons notamment la faible représentativité du bloc francophone.
En effet, le chef de l’État sierra-léonais, Julius Maada Bio a été nommé président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), au terme d’un huis clos tendu entre chefs d’État supervisé par le Président sortant Bola Tinubu. Mais avant le sommet, cette haute fonction avait été promise à Bassirou Diomaye Faye qui jouissait de nombreux soutiens. Selon AfricaIntelligence, le bloc francophone considérait le jeune président comme le symbole d’un renouveau au sein d’une organisation au leadership plus que jamais fragilisé.
C’était donc dans l’espoir de prendre les rênes de l’organisation qu’il s’est rendu à Abuja le samedi dernier. Car, faut-il le rappeler, le processus de désignation a théoriquement pour règle d’alterner entre pays francophones et anglophones. Et depuis quelques années, le poste est concentré entre les mains des présidents anglophones. C’était donc logiquement que la fonction reviendrait à un Chef d’État francophone.
Mais en coulisses, Julius Maada Bio a mobilisé toutes ses forces en obtenant notamment le soutient de son successeur Bola Tinubu pour faire obstacle à la nomination du Sénégalais. Parmi les arguments avancés pour écarter Bassirou Diomaye Faye, figure l’absence remarquée de plusieurs chefs d’État francophones, une marque de désaffection pour les affaires de la Cedeao. Hormis le Sénégalais, seul le Président Patrice Talon avait pris part au sommet. Pour des raisons inconnues, le président ivoirien Alassane Ouattara et le Togolais Faure Gnassingbé ont brillé par leur absence. Une absence qui a pesé lourd dans les équilibres lors des débats puisque le Niger, le Burkina Faso, le Mali ne font plus partie de l’organisation pendant que les anglophones sont au nombre de cinq actuellement.
Pour convaincre ses pairs, le nouveau président de la CEDEAO, Julius Maada Bio a insisté sur le fait qu’il était à la fin de son dernier mandat et qu’il s’agissait de sa dernière opportunité d’accéder à cette fonction. Pour lui, Bassirou Diomaye Faye, élu il y a un peu plus d’un an, a encore le temps de se porter à la tête de l’organisation. Julius Maada Bio a estimé que le jeune Sénégalais ferait office de candidat naturel lors de la prochaine alternance.
Un revirement de situation qui n’était pas du goût non seulement de la délégation qui a accompagné le Président sénégalais mais aussi la partie francophone qui note que depuis plus de cinq ans, la CEDEAO est dominée par des chefs d’État anglophones. Avec la nomination de Julius Maada Bio, l’organisation connaît donc une troisième présidence anglophone, après celles de Nana Akufo-Addo (Ghana) et de Bola Tinubu. Le dernier francophone à avoir assuré la fonction est le Nigérien Mahamadou Issoufou, qui avait été désigné en 2019.









