Alors que la course pour le scrutin d’avril 2026 s’intensifie, le candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni, est revenu sur les prémices de son ascension fulgurante. Dans un récit aux allures de confidence, l’actuel argentier national lève le voile sur le moment précis où sa trajectoire de technocrate international a basculé vers le service de l’État béninois.
Tout commence loin des bruits de Cotonou. En 2015, alors qu’il mène une brillante carrière au sein du cabinet Deloitte, Romuald Wadagni croise le chemin de Patrice Talon dans la capitale française. Ce qui ne devait être qu’une entrevue change radicalement sa vision de l’avenir « notre première vraie rencontre a eu lieu en 2015, à Paris. Il m’a parlé de ses ambitions pour le Bénin et j’ai tout de suite été conquis par le personnage, par sa force de conviction, par sa vision, par sa bonne connaissance des problèmes de notre pays et par ses atouts pour le relever », se souvient-il.
Séduit par ce projet de rupture, le jeune expert s’implique d’abord dans l’ombre, loin des projecteurs de la campagne électorale de 2016. Mais au lendemain de la victoire, alors qu’il s’apprête à reprendre ses activités de consultant, le nouveau président lui adresse une invitation qu’il ne pourra refuser « il m’a donné une envie folle de rentrer. Par la suite, j’ai participé en coulisses à la campagne électorale, j’ai voté, et alors que je m’apprêtais à regagner Deloitte, il m’a dit : “Reste avec nous, j’ai besoin de toi” », a-t-il confié à Jeune Afrique.
La nomination de ce « visage inconnu » au poste stratégique de ministre de l’Économie et des Finances le 6 avril 2016 provoque une onde de choc et une confusion mémorable dans l’opinion publique. Le candidat s’amuse aujourd’hui de l’imbroglio qui a entouré l’annonce de son nom « quand la composition du gouvernement a été annoncée et que mon nom est sorti, beaucoup de gens sont allés féliciter mon père, en pensant que c’était lui qui avait été nommé et qu’on s’était juste trompé sur son prénom. Ça l’a beaucoup amusé », confie-t-il.
Dix ans plus tard, celui qui n’était perçu que comme un technicien est devenu l’homme de confiance et le dauphin désigné. Pour Romuald Wadagni, sa candidature actuelle n’est pas le fruit d’une ambition personnelle préméditée, mais la continuité d’un engagement né dans un bureau parisien. En se portant candidat pour le scrutin du 12 avril 2026, il entend transformer cet essai démarré il y a une décennie en une mission de « modernisation et de développement » durable pour le Bénin.









