Face à l’urgence énergétique qui frappe Bamako, les autorités nigériennes ont décidé de sévir. Pour avoir refusé de participer à un convoi stratégique de carburant vers le Mali, une trentaine d’opérateurs de transport et de chauffeurs ont vu leurs licences révoquées par Niamey.
Le Niger, producteur de pétrole, avait planifié l’envoi d’un convoi massif de 82 camions-citernes pour secourir son allié malien. Ce périple de 1 400 kilomètres, censé relier les deux pays sous haute escorte militaire, s’est heurté à la résistance de certains acteurs privés du transport. La sanction est tombée via un communiqué officiel du ministère des Transports nigérien. En effet, 14 entreprises de transport et 19 chauffeurs routiers ont définitivement perdu leurs licences. Un autre opérateur a écopé d’une suspension d’un an.
Pour le ministre des Transports, Abdourahamane Amadou, ce refus ne représente pas seulement un manquement commercial, mais une « violation grave des obligations légales » en pleine période de crise. Cette décision intervient alors que le Mali traverse une période de turbulence énergétique sans précédent. Le pays est la cible d’un blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Ces groupes terroristes ciblent stratégiquement les axes d’approvisionnement pour asphyxier les principales villes maliennes.
Les conséquences sont déjà visibles à savoir des pénuries sévères ont paralysé le pays fin 2025. En ce début d’année, l’aéroport de Bamako subit de plein fouet ces manques, entraînant l’annulation de plusieurs vols internationaux. Au-delà du simple transport de marchandises, cette affaire souligne les défis logistiques de l’Alliance des États du Sahel (AES). Alors que le Niger, le Mali et le Burkina Faso renforcent leur coopération militaire avec la création d’une force conjointe de 5 000 hommes, la fluidité des couloirs de ravitaillement devient un impératif de survie.
En sanctionnant fermement les transporteurs récalcitrants, Niamey démontre que la solidarité économique entre les membres de l’AES est désormais traitée avec la même rigueur que les opérations de défense commune.









