Par rapport à 2023, le Bénin a enregistré moins d’attaques terroristes cette année. C’est ce que révèle un premier bilan de Ben Saul, rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection des droits de l’homme dans la lutte antiterroriste.
Durant dix jours de mission au Bénin, l’avocat australien a fait l’état des lieux, évalué la situation actuelle et fait des recommandations. En effet, le fonctionnaire onusien a visité la prison de Missérété, rencontré les autorités sécuritaires, judiciaires, les communautés, la société civile et les victimes du terrorisme. À l’en croire, « le Bénin a fait preuve d’une approche tournée vers l’avenir en alliant des mesures de sécurité avec des stratégies de développement », a déclaré Ben Saul.
Selon les constats du Rapporteur spécial de l’ONU sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, « le Bénin a renforcé la sécurité aux frontières pour empêcher l’entrée de terroristes en augmentant la présence de la police, de l’armée et des autorités frontalières, tout en offrant l’hospitalité aux réfugiés des pays voisins du Sahel ». Des points positifs à encourager mais qui restent perfectifs. Ben Saul estime que le Bénin doit prioriser « les initiatives destinées à promouvoir un développement inclusif et participatif, particulièrement dans les régions du nord » afin de « renforcer la résilience face à la radicalisation. »
Et c’est justement en cela qu’il note avec désolation l’incarcération de plusieurs personnes soupçonnées de terroristes. Il a visité la prison surpeuplée de Missérété, où se trouvent 3 000 détenus pour 1 000 places, et où sont gardés de nombreux terroristes présumés. « Ils sont au nombre de 652 présumés terroristes détenus, dont 10 condamnés. Il y a 22 femmes qui sont des terroristes présumées dans une autre prison à Porto-Novo », a expliqué Ben Saul à RFI qui dénonce par ailleurs le sort de certains présumés terroristes ayant déjà passé deux à trois ans avant d’être présentés devant le tribunal.
Pour l’heure, Ben Saul dit n’avoir pas encore des informations sur le cas de l’ancienne ministre Reckya Madougou, condamnée pour terrorisme et incarcérée à Missérété « C’est un cas dont je n’ai pas fait de commentaire dans mon rapport aujourd’hui. C’est un cas dont je compte recueillir plus d’informations », déclare-t-il. Le Rapporteur spécial de l’ONU va publier un premier rapport très prochainement, suivi d’une version définitive en mars 2025, avec les amendements des autorités béninoises qui ont autorisé cette mission qui s’est achevée ce mercredi.









