Un couple et un charlatan ont comparu devant le Tribunal de Première Instance de Deuxième Classe de Lokossa, mercredi dernier pour une affaire de viol. Le charlatan est accusé d’avoir violé une dame au cours d’une cérémonie de désenvoûtement. Les faits se sont produits dans la commune de Houéyogbé en 2023.
En effet, confronté à un problème de conception, l’homme a décidé de conduire son épouse chez un charlatan pour mettre fin aux fausses couches de la femme et lui permettre de faire des enfants. Après les premières consultations, le charlatan a évoqué un problème spirituel et leur a fixé un rendez-vous pour accomplir des rituels liés aux révélations du Fâ. Comme convenu, le couple retourne chez le charlatan. Ce dernier a conduit la femme seule dans la brousse aux environs de 23h pour la désenvoûter, laissant le mari dans sa concession.
À la fin des rituels, ils reviennent voir le mari. Du retour chez eux et alors qu’il voulait tenir un rapport sexuel quelques jours après, l’homme s’est vu confronter à un problème d’érection. Et c’est justement à ce moment-là que la dame a été contrainte d’avouer à son mari qu’elle aurait été violée par le charlatan lors de la cérémonie. À l’en croire, il l’a propulsé par terre, violentée avant d’abuser sexuellement d’elle.
Le charlatan a été arrêté puis libéré quelques mois après. Il a comparu libre mercredi dernier. À la barre, l’homme a clamé son innocence, soulignant que c’est la dame qui l’a contacté pour l’informer du dysfonctionnement érectile de son époux. Elle aurait par la même occasion, ajoute le charlatan, accusé de l’avoir violé « j’ai toute suite contacté son mari pour lui confier ce que sa femme m’a dit au téléphone », s’est défendu le charlatan à la barre.
Pour le ministère public représenté par le procureur de la République Richard da MATHA, il y a un doute qui subsiste dans le dossier. Et cela s’explique par le fait que le mari n’avait rien remarqué sur sa femme après la cérémonie et le fait que la femme n’a rien dit à son époux à propos de ce qu’elle a subi dans la brousse. C’est pourquoi il a demandé au tribunal de relâcher l’accusé au bénéfice de doute. Une demande à laquelle le tribunal présidé par Sabi GANGO a accédé dans sa décision. Il a prononcé la relaxe au bénéfice du doute du charlatan.
Composition du tribunal
Président : Sabi GANGO
Assesseurs
1- Urielle Michelle DJIBODE
2- Hervé ADOUKONOU
3- Eric DEGUENON
4- Jérôme HOUNDJENOUKOUN
Ministère public : Richard da MATHA
Greffier : Géraud SEDOLO









