Le Tribunal de première instance de Cotonou a examiné, ce mardi 3 mars 2026, une affaire de fraude bancaire interne. Une caissière, soupçonnée d’avoir siphonné les comptes de plusieurs clients par un ingénieux système de faux bordereaux, s’est vu refuser sa mise en liberté provisoire.
L’enquête révèle un mécanisme de fraude bien huilé. La prévenue profitait de sa position pour remplir elle-même des bordereaux de retrait au nom de clients de l’institution. Elle procédait ensuite au décaissement des fonds sans que les titulaires des comptes ne soient présents ou informés. Selon les estimations présentées à l’audience, le préjudice total s’élève à 15 millions de FCFA.
Le pot-aux-roses a été découvert le 10 décembre 2025 lors d’un audit interne. Les soupçons des responsables de la banque ont été éveillés alors que l’employée tentait de « régulariser » en urgence une opération litigieuse de 6,5 millions de FCFA.
À la barre, la prévenue a plaidé l’erreur isolée, affirmant qu’il s’agissait de sa « première fois ». Une ligne de défense fragilisée par les enquêteurs, qui ont produit un message compromettant extrait de son téléphone portable. Ce message, datant de décembre 2024, montrait que la caissière sollicitait déjà l’aide de ses proches pour combler un trou de caisse de 6 millions de FCFA.
La représentante de l’établissement financier a rassuré le tribunal que tous les clients identifiés comme lésés ont déjà été remboursés par l’institution. Toutefois, le doute subsiste sur l’ampleur réelle du réseau, la banque n’excluant pas que d’autres titulaires de comptes puissent découvrir des anomalies dans les jours à venir.
Malgré la plaidoirie de la défense pour une mise en liberté provisoire, le ministère public s’est montré inflexible, posant comme condition préalable le versement d’une caution substantielle de 20 millions de FCFA à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Suivant la sévérité du parquet, 24h au Bénin indique le juge a rejeté la demande de mise en liberté provisoire ; maintenu la prévenue en détention ; et envoyé le dossier au 24 mars 2026 pour les réquisitions et la suite des débats.









