À l’occasion d’une conférence de presse animée ce vendredi 5 juin 2026, le ministre de la Santé, le Professeur Benjamin Hounkpatin, est monté au créneau pour clarifier les modalités de prise en charge des urgences vitales. Face aux professionnels des médias, l’autorité ministérielle a surtout envoyé un message de fermeté absolu : aucun sabotage ou manquement des agents de santé ne sera toléré.
Le message du ministre de la Santé a le mérite de la clarté. L’État béninois ne compte pas badiner avec la mise en œuvre effective des mesures sociales d’urgence dans les formations sanitaires. S’adressant directement à la chaîne de commandement, l Professeur Benjamin Hounkpatin a rappelé les chefs d’établissements à leurs obligations « … rappeler à l’ensemble des responsables, aussi bien les directeurs d’hôpitaux, les médecins coordonnateurs, les médecins-chefs, qu’ils ont l’obligation de s’assurer de la mise en œuvre effective de cette mesure et de prendre toutes les dispositions y afférentes ».
Au-delà de la sensibilisation du personnel, c’est un avertissement sans frais qui est lancé aux agents de santé qui tenteraient de faire prévaloir leurs opinions personnelles ou des barrières administratives au détriment de la vie des patients. Le ministre s’est montré intransigeant « il n’est pas question qu’un agent puisse, de par ses convictions ou autres, entraver la mise en œuvre de cette mesure. Si c’est le cas, soyez rassurés qu’il sera épinglé, et que les sanctions qui doivent suivre vont suivre ». Pour veiller au grain et dénoncer tout comportement déviant, le ministre a rappelé que la population dispose d’un outil de veille direct : « Par ailleurs, pour la population, votre numéro est toujours ouvert. Le 01 91 44 44 44 ».
Pour éviter toute mauvaise interprétation sur le terrain, une distinction stricte sépare désormais les urgences vitales des urgences ordinaires. Le curseur de la mesure gouvernementale repose exclusivement sur le caractère immédiat du danger : le dispositif cible uniquement les situations où le patient risque de mourir sur-le-champ si aucun acte médical n’est posé. Trois cas critiques illustrent cette obligation absolue de prise en charge : l’infarctus du myocarde (risque d’arrêt cardiaque instantané), les convulsions pédiatriques (danger de mort subite chez l’enfant) et l’hémorragie de la délivrance (saignement post-accouchement mortel). À l’inverse, les pathologies non immédiates, comme l’appendicite, en sont exclues car elles ne tuent pas le patient à l’instant présent et n’évoluent vers un pronostic fatal qu’à plus long terme en cas de complications.
Dans cette optique, la règle d’or imposée aux formations sanitaires est désormais d’une clarté absolue : soigner d’abord, payer après. Face à l’imprévu, qu’il s’agisse d’un accident de la route, d’un malaise public ou d’une crise d’hypoglycémie, la priorité totale est donnée à la vie humaine. Le règlement des frais médicaux n’intervient qu’une fois le patient stabilisé ou réveillé. Si ce dernier se trouve dans une incapacité financière totale au moment de sa sortie, son dossier est évalué. Les personnes identifiées en situation de pauvreté extrême bénéficient d’une prise en charge gratuite via le panier de soins de base de l’assurance maladie. Pour les autres citoyens en difficulté financière, un accord à l’amiable doit être trouvé avec la direction de l’établissement afin d’établir un étalement ou un règlement ultérieur de la facture.
Face à ces directives, le personnel de santé est formellement averti que l’argument financier ou le défaut de paiement immédiat ne peut plus servir de prétexte pour refuser des soins. Tout manquement à ces règles réglementaires expose directement l’agent responsable à de lourdes sanctions administratives.









