Sortir de la craie pour entrer dans la lumière : c’est le pari réussi par les institutrices de la circonscription scolaire de Houéyogbé ce mercredi 25 mars 2026 à Zazodis Palace hôtel de Doutou. Entre hommages vibrants au corps enseignant et plaidoyers pour une émancipation concrète, les femmes de la circonscription scolaire ont marqué les esprits.
Drapées de blanc et d’orange, les institutrices de Houéyogbé ne sont pas passées inaperçues. Soutenues par leurs collègues masculins, elles ont transformé cette journée de réflexion en un véritable festival de solidarité. L’événement a réuni des figures majeures de la région, notamment l’Honorable Gladys Tossou, le leader politique Félix Siavi alias Akouèoundozo, ainsi que le Chef de la Circonscription Scolaire (CCS), Sylvain Mikponhoué.
Anne-Marie Tognihuidé, représentante du comité d’organisation, a ouvert le bal en rappelant que si l’émancipation est une réalité pour certaines, elle reste un défi majeur dans les zones rurales. Elle a lancé un appel vibrant aux hommes pour qu’ils cultivent une « masculinité positive », indispensable pour atteindre l’objectif de parité. Cette vision a été nuancée par le CCS, Sylvain Mikponhoué, qui a insisté sur l’importance de préserver l’harmonie des foyers. Tout en s’engageant fermement à défendre les droits de ses collaborateurs et des enfants, il a préconisé la médiation sociale via les Guichets Uniques de Protection Sociale pour résoudre les conflits familiaux, afin de privilégier la paix et l’intérêt des enfants.
L’Honorable Gladys Tossou a livré un message de fierté et de responsabilité. En tant qu’institutrice, dit-elle, « les enfants que j’ai en face doivent pouvoir chercher à me ressembler », a-t-elle déclaré, exhortant les femmes à incarner l’image de la réussite. Elle a également profité de l’occasion pour rappeler l’importance du droit de vote, invitant les enseignants à être des relais civiques dans leurs communautés.
Pour Jocelyne Anago, Conseillère Pédagogique (CP2 zone Houéyogbé), la célébration ne doit pas se limiter aux réjouissances. Elle a invité les institutrices à réfléchir à des actions concrètes et pérennes notamment l’organisation de dons de sang, la sensibilisation des jeunes filles à l’hygiène menstruelle, l’encadrement des vendeuses dans les écoles pour une meilleure hygiène alimentaire, l’appui pédagogique renforcé pour maximiser les résultats scolaires et bien d’autres.
Avec un humour percutant, Félix Siavi a pour sa part, rendu hommage à la force « inexplicable » de la femme, soulignant que derrière chaque homme se cache une figure féminine pilier. Il a surtout salué le rôle crucial des enseignants, qu’il considère comme les gardiens de la paix sociale et du budget familial. « quand les enfants vont à l’école, on est libérés ! », a-t-il lancé sous les rires, avant de conclure « vous êtes notre chapeau, notre silhouette… vous pesez dix ! » L’événement s’est achevé dans une ambiance conviviale par un repas riche et des danses, laissant derrière lui une promesse, celle d’une corporation enseignante plus soudée que jamais pour les droits des femmes à Houéyogbé. Le comité d’organisation gagne le pari mais a déjà les regards tournés vers la prochaine édition.










