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Révélations au procès Dangnivo : entre déballage de Houndégnon, le projet de braquage du Trésor et corps partiellement brûlé, la vérité se fraye un chemin

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Le procès sur la disparition de Pierre Urbain Dangnivo a repris ce vendredi 3 juillet 2026 au Tribunal de Cotonou, après son renvoi le 26 juin dernier. Cette journée d’audience a été marquée par des témoignages percutants et des accusations directes de manipulation policière et politique, plongeant la salle dans une vive tension.

Appelé à la barre, l’ancien haut responsable de la police, Louis Philippe Houndégnon, a jeté un pavé dans la mare en affirmant que « la politique a pris le pas sur la vérité » dans ce dossier. Se basant sur un informateur professionnel qu’il qualifie de « top des top », il a désigné un certain « Akon Isidore » comme le meurtrier de Dangnivo. Selon ses déclarations, la victime aurait été éliminée pour avoir refusé de céder de force ses clés dans le cadre d’un projet de cambriolage du Trésor public. L’audience a d’ailleurs connu un premier blocage lorsque le témoin a souhaité livrer un nom à huis clos, se heurtant au refus catégorique de la partie civile.

La suite des débats a donné lieu à de graves accusations de mise en scène. Donatien Amoussou a affirmé à la barre que le colonel Séverin Koumassegbo lui avait ordonné à l’époque de simuler la découverte fortuite d’un téléphone. Son refus aurait, selon ses mots, « signé son arrêt de mort » et entraîné son implication forcée dans l’affaire. Amoussou a également dénoncé des violences physiques majeures et une tentative d’élimination orchestrée lors d’une extraction de prison en 2013, incriminant directement le colonel Enock Laourou.

À la barre, Prince Alédji a indiqué qu’il n’était « pas avec l’équipe qui a sillonné Womey avec le ministre Akofodji pour la recherche du corps la veille… J’étais là le jour de l’exhumation du corps… Je pense qu’après le meurtre, ils ont essayé de trouver du bois pour brûler le corps. Mais une main n’était pas totalement brûlée », a déclaré commissaire à la retraite.

Dans l’après-midi, le coaccusé Codjo Cossi Alofa a enfoncé le clou en contestant la version officielle de la découverte du corps. Il a clamé n’avoir jamais indiqué l’emplacement de la dépouille (retrouvée sur une parcelle voisine et non chez lui), affirmant que ce sont les enquêteurs de l’époque qui lui ont montré le lieu. Alofa a ajouté avoir reçu l’ordre du contrôleur Prince Alédji d’impliquer Donatien Amoussou afin de le faire taire, une version confirmée par Amoussou lui-même.

Face à ces révélations explosives remettant en cause l’intégrité de l’enquête, Me Julien Togbadja, avocat de la défense, a réclamé la mise en liberté d’office d’Amoussou et d’Alofa. Le tribunal a finalement prononcé le renvoi du dossier au mercredi 8 juillet 2026 pour la lecture des pièces, les réquisitions et les plaidoiries, donnant aux conseils jusqu’au 7 juillet pour transmettre leurs listes de documents.

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