Au lendemain du double scrutin du 11 janvier 2026, l’attention nationale se déplace du bureau de vote vers les calculatrices de la CENA. Alors que près de 8 millions de Béninois ont fini de s’exprimer, la bataille pour le contrôle du Parlement et des mairies entre dans sa phase arithmétique.
Le nouveau cadre légal, issu de la réforme électorale de mars 2024, impose une règle de sélection rigoureuse. Pour prétendre à une présence à l’Assemblée nationale ou dans les conseils municipaux, un parti doit impérativement franchir le cap des 20 % des votes valides dans chaque circonscription législative. C’est le ticket d’entrée obligatoire pour participer au partage du gâteau électoral.
Le législateur a toutefois prévu un filet de sécurité pour les formations politiques coalisées. Si des partis ont scellé une alliance officielle avant le vote, leurs scores sont fusionnés. Dans ce scénario, si leur bloc atteint 10 % des suffrages au niveau national, ils sont repêchés et admis à la répartition des sièges. Ce dispositif favorise les regroupements stratégiques et évite l’émiettement de la représentation politique.
La cartographie politique du pays se dessine selon deux axes majeurs. Sur les 109 fauteuils de l’Hémicycle, la répartition se fait au prorata de la densité démographique. Des zones comme Abomey-Calavi (6e circonscription) pèsent lourd avec sept sièges, tandis que d’autres secteurs plus ruraux se contentent d’un duo ou d’un trio de représentants.
En effet, le calcul des élus s’effectue en deux étapes clés. D’abord, on utilise le quotient électoral. Là, on divise le total des votes de la zone par le nombre de sièges disponibles. Chaque parti obtient autant de sièges que de fois où ses voix contiennent ce quotient. Si des sièges restent vacants, ils sont distribués selon la règle de la plus forte moyenne.
Ensuite, la loi garantit une représentation féminine minimale. Dans chaque circonscription, un siège est obligatoirement dédié à une femme. Ce fauteuil est attribué au parti arrivé en tête parmi ceux ayant franchi le seuil d’éligibilité, au profit de sa candidate inscrite sur la liste spéciale.
À l’échelle locale, ce sont 1 815 conseillers qui sont attendus pour diriger les 77 mairies du pays. Ce maillage, validé en juillet 2025, garantit que chaque arrondissement dispose d’une voix dans la gestion territoriale. Avec un corps électoral massif de plus de 7,8 millions d’inscrits, la pression est désormais sur les épaules des instances de régulation. La proclamation des résultats définitifs viendra clore ce chapitre crucial, transformant les bulletins de vote en une nouvelle architecture institutionnelle pour le Bénin.









