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Économie du Bénin : le défi d’une croissance portée par seulement 7 % des entreprises

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Le dernier Rapport Annuel sur l’Environnement de Compétitivité des Entreprises (RAEE 2025) révèle une radiographie saisissante du tissu économique au Bénin. Si l’entrepreneuriat est en pleine ébullition sur l’ensemble du territoire, la création de valeur réelle reste l’apanage d’un cercle très restreint de structures modernes.

Les chiffres issus des analyses de l’INStaD sont sans appel. Les entreprises dites formelles modernes, qui se distinguent par une comptabilité rigoureuse et une existence fiscale officielle, ne représentent que 6,7 % des entités recensées dans le pays. Pourtant, ce petit groupe génère à lui seul 95,4 % du chiffre d’affaires national.

À l’opposé, le secteur informel, bien qu’il constitue le véritable moteur social et le principal pourvoyeur d’emplois, reste économiquement marginal en termes de valeur ajoutée. Avec plus de 84 % des entreprises du pays évoluant hors du cadre formel, ce secteur ne capte que 3,7 % de la richesse globale, estimée à près de 6 000 milliards de francs CFA.

Au-delà de la taille des entreprises, le rapport met en lumière une fracture géographique majeure. Le département du Littoral, porté par le dynamisme de Cotonou, reste le cœur battant de l’économie béninoise. Il concentre 83,5 % du chiffre d’affaires national et abrite près de la moitié des entreprises modernes du pays.

Cette hyper-centralisation laisse peu de place aux autres régions. En dehors de l’Atlantique, de l’Ouémé et du Borgou, les huit autres départements du Bénin se partagent moins de 3 % de la richesse produite. Ce déséquilibre territorial pose avec acuité la question de la décentralisation économique et de l’aménagement du territoire.

L’analyse sectorielle montre également une prédominance massive du commerce de détail, qui concerne plus de 41 % des structures. Les secteurs à forte valeur ajoutée, comme l’industrie manufacturière ou l’agro-industrie, peinent encore à s’imposer. Cette configuration expose l’économie nationale aux fluctuations des prix internationaux et à la concurrence des produits importés. En clair, l’enjeu des années à venir ne sera pas uniquement de favoriser la création de nouvelles unités, mais surtout d’accompagner les entreprises existantes vers une formalisation et une croissance durable.

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