L’ancien président de la République Boni Yayi, président du parti d’opposition Les Démocrates, a violemment accusé le régime en place de chercher à mettre fin à la démocratie et à déstabiliser son parti. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole, a immédiatement réagi à ces allégations, les qualifiant d’ironiques.
La confrontation verbale entre l’ancien président Boni Yayi et l’administration de Patrice Talon fait suite à une rencontre entre les deux hommes qui s’est déroulée quelques jours après un événement crucial : le dépôt du dossier de candidature du duo des Démocrates pour l’élection présidentielle de 2026. Dans une déclaration publique faite le jeudi 29 octobre 2025, Boni Yayi a dressé un bilan très critique de ses échanges avec le Chef de l’État. Il affirme que le Président Talon « renonce progressivement à faire du Bénin un État de droit et de démocratie » et se détourne du respect des libertés fondamentales et de la justice.
Contacté par RFI, Wilfried Houngbédji, porte-parole du gouvernement, a balayé les accusations avec une pointe de sarcasme, soulignant la position de fin de mandat de Patrice Talon « M. Talon finit dans sept mois. C’est pour sept mois qu’il ne voudrait pas avoir d’opposition, alors que pendant plus de neuf ans il a affronté l’opposition en ce qu’elle avait de plus perverse ? » a-t-il rétorqué. Le porte-parole a également apporté un démenti sur l’interprétation des propos tenus par le Chef de l’État lors de la rencontre. Selon lui, les propos de Patrice Talon n’auraient pas signifié un rejet de la démocratie, mais plutôt l’expression d’un souhait : celui de voir la classe politique béninoise dépasser les querelles partisanes et s’unir pour le développement du pays après son départ du pouvoir.









