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Succession de Patrice Talon : Romuald Wadagni, l’héritier qui veut voler de ses propres ailes

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À peine son projet de société dévoilé, le candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni, a choisi de faire une mise au point stratégique. Entre héritage assumé et volonté d’émancipation, l’actuel ministre des Finances lève le voile sur les coulisses de sa candidature et sa relation avec Patrice Talon.

C’est le premier enseignement de cet entretien ! Romuald Wadagni n’avait pas planifié de briguer la Marina. « Si j’avais planifié d’être chef de l’État, j’aurais suivi un tout autre parcours », confie-t-il au magazine panafricain Jeune Afrique. Il présente son entrée en lice comme le fruit d’un consensus au sein de la majorité, une responsabilité acceptée par sens du devoir après la décision du président sortant de passer la main.

Sur la question de sa dette envers le chef de l’État, Romuald Wadagni se montre d’une franchise désarmante. Il récuse toute idée de renvoi d’ascenseur « le Président ne me doit rien, ni son élection en 2016, ni sa réélection en 2021. Grâce à lui, j’ai pu me révéler », affirme-t-il avec humilité. Il décrit une collaboration marquée par une liberté d’action totale, précisant n’avoir connu aucune frustration grâce à la « latitude nécessaire » accordée par Patrice Talon. Se définissant comme un collaborateur « fidèle, loyal et efficace », il revendique avoir mis son expertise au service d’un programme qui était celui du Président, tout en se préparant désormais à porter sa propre vision.

La question qui brûle les lèvres de tous les observateurs est celle de l’influence future de l’actuel chef de l’État. Sur ce point, le candidat se veut tranchant : Patrice Talon ne sera pas un président de l’ombre. Wadagni assure que le président respectera sa promesse de retrait complet après l’investiture de son successeur « on n’empêchera jamais les spéculations, mais vous verrez qu’une fois de plus, le Bénin va vous étonner… », glisse-t-il, laissant entendre que la transition se fera dans une fluidité institutionnelle exemplaire, loin des schémas de présidence par procuration.

Malgré cette volonté d’indépendance, l’admiration pour le mentor reste intacte. Romuald Wadagni décrit une collaboration d’une décennie marquée par une confiance absolue. Il évoque une relation quasi filiale qui a permis de transformer l’économie béninoise, tout en précisant que l’ancien président, bien que retiré, restera un observateur attentif mais non interventionniste des grandes orientations du pays « non, mais je le connais. C’est un homme de parole et de principes. Une fois élu, l’entrepreneur qu’il était s’est totalement effacé au profit du chef de l’État. Il fera de même, dès l’investiture de son successeur, quel qu’il soit, en se détachant de ses fonctions de président. Bien sûr, il restera un amoureux du Bénin et continuera de s’intéresser aux grands enjeux de son pays. Mais je n’ai aucun doute sur sa sincérité », a clarifié au candidat.

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