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25 ans après sa mort : pourquoi le nom de Sossa Guedehounguè résonne encore

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25 ans déjà que le célèbre Sossa Guedehounguè s’en est allé, mais son nom résonne toujours aussi fort au Bénin et au-delà. Ce mardi 27 janvier, le pays se rappelle de ce grand dignitaire qui a quitté ce monde en 2001.

En effet, si le Bénin célébre aujourd’hui les Vodun Days (ex-10 janvier), c’est en grande partie grâce à lui. Il a remué ciel et terre auprès des anciens présidents, comme Soglo et Kérékou, pour que les religions traditionnelles aient enfin leur propre journée de fête. Pour lui, c’était une question de justice et de fierté pour notre culture.

Peu de gens s’en souviennent, mais juste après l’indépendance, Sossa Guedehounguè a connu des moments difficiles. En 1961, il a été condamné à 15 ans de travaux forcés pour une sombre affaire de complot contre l’État. Heureusement, il n’est pas resté longtemps derrière les barreaux : dès 1962, le président Hubert Maga a signé un décret pour le libérer, en même temps que d’autres figures politiques comme Justin Ahomadégbé.

Aujourd’hui, son mausolée à Sahouè-Doutou dans la commune de Houéyogbé, est devenu un véritable lieu de pèlerinage. Des gens viennent de partout, même de l’étranger, pour voir son tombeau et le fameux arbre géant de plus de 200 ans où il organisait ses réunions. C’est devenu un site touristique incontournable dans le Mono grâce au projet Cirtoum. Vingt-cinq ans après, ce vénérable dignitaire reste une figure incontestée qui a marqué l’histoire spirituelle et politique du Bénin.

Qui était-il réellement ? 

D’abord, le nom Guèdèhounguè est le raccourci d’une incantation qui est utilisé comme patronyme. Sur la clôture du mausolée vous verrez dessinés le bouc et la tortue. Ce sont les deux espèces qui le fortifient, le renforcent. Sossa Guèdèhounguè a accompli beaucoup de miracles. Déjà à dix ans il était devenu adepte de la déité Kokou. A l’époque, les jeunes allaient commettre de petits jobs pour se faire de l’argent. Un jour, alors qu’il avait suivi ses grands frères au champ à Drè, localité située après Sè, un vent impétueux se souleva et le jeune Guèdèhounguè disparut au milieu d’eux. Ils l’ont cherché jusqu’à épuisement, en vain. Ils durent se retourner bredouille. La famille informée, se mit aussi à sa recherche sans succès, gardant espoir qu’un jour, il reviendrait de lui-même. Lorsque trois années se sont écoulées sans les nouvelles de leur fils, la famille conclut alors à son décès et organisa les funérailles appropriées à ce genre de disparition. Mais, exactement sept ans après lesdites cérémonies funèbre, le jeune Guèdèhounguè réapparu au même endroit où il avait été enlevé ; le même grand vent l’a ramené. Il avait des cheveux de rasta. La dame qui le vit en premier a entonné une chanson rituelle du vodoun Xèbiosso (Foudre). Nous savons quand et comment il était devenu adepte de la divinité Kokou mais personne ne sait comment il a été initié au Vodun Xèbiosso. Il est revenu avec les insignes de cette divinité sur le corps. A son retour, il était devenu tout puissant, rempli de pouvoirs et il accomplissait tellement d’œuvres et de miracles qui laissaient toute la région bouche bée. Vénérable Sossa Guèdèhounguè était imperméable aux balles tout comme son successeur. Il pouvait cueillir une feuille, la suspendre en l’air et faire monter un homme là-dessus qui va se déplacer avec. Il lui arrivait d’appeler un mouton et de l’envoyer au marché lui faire des emplètes. Nous avons été témoins de ses hauts faits inédits. En Haïti où il a été présenté aux dignitaires Vodun, il a planté une branche d’iroko, qu’il a fait pousser le même jour jusqu’à devenir un grand arbre sous lequel ils ont tenu une réunion avant son retour au pays. Il a fait avec tous les grands hommes d’Afrique et au-delà. Il était le père spirituel de beaucoup de chefs d’Etat et les aidait à consolider leur pouvoir. Il n’était pas instruit mais pouvait voyager seul du Bénin en l’Italie. Comment arrivait-il à communiquer ? Il gardait sur lui un bouc dans une petite boîte de Jago et quand lui parlait sa langue maternelle l’animal la traduisait aux Blancs et quand ceux-ci s’adressaient à lui en français ou anglais, l’animal le lui traduisait. Il ne s’agit pas d’affabulation », avait expliqué Marcellin Lokossou, secrétaire général du président du Conseil national du culte Vodun du Bénin (Cncv-Racine), Agassa Guèdèhounguè au détour d’un entretien accordé à Bénin Intelligent.

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