Home Actualité Extradition de Kemi Seba : la justice sud-africaine temporise et contraint le...

Extradition de Kemi Seba : la justice sud-africaine temporise et contraint le Bénin à fournir des preuves

75
0

L’activiste Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba, a comparu pour la cinquième fois en six semaines devant la justice sud-africaine. Arrêté de manière spectaculaire dans un centre commercial de Pretoria par l’unité d’élite des Hawks, l’activiste est au cœur d’une bataille juridique complexe.

Lors de son interpellation, la police a saisi 318 000 rands en espèces (environ 16 000 euros). Selon le parquet, cette somme devait financer une traversée clandestine vers le Zimbabwe, prélude à une fuite vers l’Europe. L’activiste était accompagné de son fils Khonsou, 18 ans, et de François Van der Merwe, un Sud-Africain présenté comme le logisticien du groupe.

Désormais, la procédure se divise en deux temps. D’un côté, la demande de liberté sous caution sera tranchée le 8 juin prochain. De l’autre, le fond du dossier d’extradition est gelé jusqu’au 14 juillet. Ce report offre un répit à la défense, mais met surtout le Bénin en position de devoir prouver le bien-fondé de ses poursuites. Cotonou accuse Kemi Seba de blanchiment de capitaux, d’apologie de crime et d’incitation à la haine, en lien direct avec le coup d’État manqué du 7 décembre 2025 mené par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. Le procureur spécial de la CRIET doit maintenant transmettre l’ensemble des pièces requises par les canaux diplomatiques.

Face à cette offensive, la défense déploie une stratégie à double détente. Kemi Seba a déposé une demande d’asile politique auprès des autorités sud-africaines, affirmant sous serment que sa vie serait en danger mortel en cas de retour au Bénin. Pour enfoncer le clou, l’activiste bénéficie du soutien de la junte nigérienne, dont il est le conseiller spécial. Niamey a officiellement proposé de financer son hébergement en Afrique du Sud en cas de libération sous caution. En parallèle, des négociations humanitaires s’ouvrent pour son fils Khonsou, dont la défense réclame la libération et l’expulsion volontaire vers la France.

En se donnant du temps, la justice sud-africaine tente de démêler un dossier devenu un véritable piège géopolitique. Entre ses engagements judiciaires avec le Bénin, la protection du droit d’asile et l’influence grandissante des juntes sahéliennes alliées à Moscou, Pretoria se retrouve arbitre d’une crise qui dépasse largement les frontières du tribunal.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here