C’est une formule choc qui pourrait bien devenir le slogan de la majorité pour 2026. L’honorable Malick Seibou Gomina, député du Bloc Républicain, a validé à travers une sortie médiatique le vendredi 26 septembre 2025 le bilan économique de Patrice Talon, tout en ouvrant la voie à son dauphin Romuald Wadagni, avec cette déclaration puissante :<<Nous avons tous serré les ceintures mais nous avons vu le bout du tunnel>>.
Cette affirmation délivrée est la traduction politique des neuf années de rigueur et vise à transformer les efforts passés en une promesse d’espérance, présentant désormais l’ancien ministre des Finances comme le garant d’un <<Talon amélioré>> prêt à récolter les fruits de la discipline budgétaire. Depuis 2016, l’administration Talon a mené une <<thérapie de rigueur>> souvent exigeante pour les populations. Les réformes fiscales, la rationalisation des dépenses publiques et la discipline budgétaire ont parfois serré l’étau le fameux <<serrer les ceintures>>. Le message de Gomina ne cherche pas à nier cette difficulté mais à la transformer en effort collectif légitimé par ses résultats « Depuis que notre pays est devenu BENIN, c’est la première fois que nous avons eu un ministre des Finances qui a fait plus de neuf ans au poste… C’est la première fois que nous avons eu un ministre des Finances qui a impacté et nous avons vu du concret, du réel… Nous avons tous serré les ceintures mais nous avons vu le bout du tunnel… Le Bénin de demain sera Meilleur a ce qui a été déjà fait…Ce que Patrice Talon a fait est positif mais ce que Romuald Wadagni envisage de faire, c’est du Talon amélioré…», a-t-il indiqué.
L’affirmation <<nous avons vu le bout du tunnel>> est la clé de voûte politique. Elle valide a posteriori la douleur de la rigueur en pointant des fruits visibles. Stabilité macroéconomique, crédibilité internationale et une croissance plus soutenue. Le sacrifice est ainsi présenté non pas comme une contrainte subie mais comme un investissement nécessaire dont le retour est imminent.
Au cœur de cette narration, Romuald Wadagni incarne la continuité et l’aboutissement. Neuf années à la tête des finances nationales font de lui le symbole de cette traversée par le <<tunnel>> de la rigueur « Romuald Wadagni était là, dès le début, il a fait la traversée avec le Président Patrice Talon. Tout le monde l’a vu à l’œuvre. Quel député béninois ne connaît pas Romuald Wadagni ! Nous avons eu à travailler avec lui en commission, nous avons eu à voir sa technicité, nous avons eu à voir comment il a pu reformer les finances de notre pays, tout le monde est d’accord à reconnaître qu’il a un mérite, que ce n’est pas sa tête qui nous a été imposée mais c’est ce qu’il représente. Et c’est ce qu’il peut apporter qui a prévalu. Par rapport à la question, les circonstances ne sont pas les mêmes. Ici la personne qui a été choisie, a été acceptée de l’intérieur, donc tout le monde travaillera à ce qu’il soit élu…».
Pour Gomina, Wadagni n’est plus seulement le garant des acquis, il est celui qui doit mener le pays à l’étape suivante, après la période la plus dure. L’éloge <<Ce que Patrice Talon a fait est positif, mais ce que Romuald Wadagni envisage de faire, c’est du Talon amélioré>> transforme la contrainte en <<espérance>>. « il se trouve qu’aujourd’hui Romuald Wadagni au poste qu’il a occupé ces 9 dernières années, la préparation qu’il a eu au côté du Président Patrice Talon, nous estimons qu’avec le profil qu’il a, la confiance des partenaires, il sait chercher de l’argent, nous avons besoin de l’argent dans le pays, nous voulons que ça se poursuive. Au lieu qu’au lendemain des élections nous allions encore vers des chemins des inconnus, il y a quelqu’un qui est préparé à ce job et nous estimons que c’est mieux qu’on continue la marche du pays avec lui…», a argumenté le député.
Le discours vise à ouvrir la voie à un Wadagni qui, tout en gardant une gestion rigoureuse, sera le porteur d’une gestion plus souple, permettant aux Béninois de bénéficier concrètement de la stabilité retrouvée. Il s’agit de légitimer l’héritage de Talon tout en proposant une transition douce et bénéfique. Alors que la présidentielle de 2026 approche, le message <<nous avons vu le bout du tunnel>> a tout du leitmotiv de campagne idéal pour la mouvance. Le slogan est simple, populaire et émotionnellement chargé : il reconnaît l’effort (la ceinture serrée), célèbre la victoire (le bout du tunnel), et promet la récompense (un Bénin meilleur). La phrase <<Nous avons tous serré les ceintures mais nous avons vu le bout du tunnel>> est, en substance, l’argumentaire central de la majorité pour les prochaines années : justifier le passé pour garantir l’avenir.









