Cotonou passe à l’ère de la « Smart City » sécurisée. Pour muscler sa lutte contre le crime et le banditisme routier, le gouvernement béninois a conclu un contrat stratégique avec le géant chinois CNTIC. Un projet de haute technologie qui va mailler les grandes villes et les frontières du pays.
C’est un tournant technologique majeur pour la sécurité intérieure du Bénin. Suite aux orientations du Conseil des ministres du 4 mars 2026, les contours du futur système national de vidéoprotection se précisent. Selon des révélations obtenues par La Marina, l’exécutif a officiellement porté son choix sur la China National Technical Import-Export Corporation (CNTIC) pour piloter ce chantier d’envergure.
Le coût de cette ambition sécuritaire est désormais connu : 41 628 151 882 FCFA. Cet investissement massif ne se limite pas à l’achat de caméras ; il finance la création d’un écosystème numérique complet. Ce réseau interconnecté permettra aux forces de l’ordre de collecter et d’analyser des données en temps réel, renforçant ainsi l’efficacité des enquêtes judiciaires et la réactivité face aux menaces.
Si le projet initial entretenait un certain flou sur son étendue, le périmètre d’intervention est désormais clairement défini. Le dispositif couvrira les pôles urbains majeurs à savoir Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey-Calavi et Ouidah. L’une des priorités de ce déploiement concerne également la surveillance des flux transfrontaliers. Les postes stratégiques de Sèmè-Kraké (frontière nigériane) et d’Hillacondji (frontière togolaise) seront placés sous haute surveillance numérique afin de verrouiller les points de passage et de lutter plus efficacement contre les trafics illicites.
Au-delà de la lutte contre le grand banditisme, ce projet va transformer le quotidien des usagers de la route. L’arsenal technologique déployé par la CNTIC permettra l’implémentation de la vidéoverbalisation. Grâce à des optiques de haute précision, les infractions au code de la route et les incivilités urbaines seront constatées à distance, automatisant ainsi une partie des sanctions et renforçant la discipline dans l’espace public.
Le déploiement de ce réseau s’étalera sur une période de 15 mois. En basculant vers ce modèle de sécurité prédictive, le Bénin rejoint le cercle des nations africaines utilisant la technologie pour optimiser la tranquillité publique. Toutefois, l’envergure du projet soulève déjà des défis logistiques et éthiques, notamment en ce qui concerne la maintenance durable des infrastructures et la protection des données personnelles des citoyens dans ce nouvel environnement ultra-connecté.









