Le déploiement territorial de la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ) franchit un nouveau palier stratégique. Selon des informations exclusives, l’État béninois a confié au cabinet local ECO PLAN SARL la mission d’élaborer le Plan d’action de réinstallation (PAR) pour une portion de 85 hectares située dans la commune d’Allada. Dirigé par Jean Bosco Todjinou, ancien président de l’Ordre des architectes et des urbanistes du Bénin, ce cabinet aura la charge de mener à bien cette phase cruciale pour l’extension de la zone industrielle.
Cette nouvelle contractualisation s’inscrit dans la montée en puissance de la GDIZ. Déployée sur une superficie globale de 1 640 hectares, cette plateforme intégrée ambitionne de transformer l’économie béninoise en créant des chaînes de valeur complètes, depuis la matière première jusqu’à l’exportation des produits finis. La libération de cette tranche supplémentaire à Allada, l’une des trois communes hôtes du projet, témoigne de la progression méthodique du chantier foncier.
Outil à la fois technique, juridique et social, le Plan d’action de réinstallation constitue le pivot des procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique au Bénin. Ce processus reste strictement encadré par le Code foncier et domanial, qui exige un équilibre juste entre l’intérêt général et la préservation des droits des particuliers. La loi impose notamment que les compensations financières reflètent la valeur marchande réelle des biens et l’usage courant des terres.
Sur le terrain, la mission attribuée à ECO PLAN SARL consistera à recenser de manière exhaustive l’ensemble des personnes affectées par le projet, qu’il s’agisse de propriétaires terriens, d’exploitants agricoles ou d’occupants coutumiers. Le cabinet devra évaluer les impacts matériels, définir les modalités de dédommagement et piloter les consultations publiques. Conformément aux exigences légales, l’indemnisation complète des populations devra obligatoirement intervenir avant le démarrage des travaux, garantissant ainsi la régularité juridique de l’opération.
Cette opération à Allada prolonge la dynamique enclenchée dès août 2020 par le ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, lors du lancement des premières enquêtes de commodo et incommodo sur une zone prioritaire de 400 hectares répartie entre Zè, Allada et Tori-Bossito.
Au-delà de sa dimension sociale, ce nouveau PAR démontre la volonté du gouvernement d’élargir le périmètre de sa zone industrielle vitrine. Depuis le début de l’année 2023, le Bénin accélère sa politique de zones économiques spéciales, s’appuyant sur des cadres administratifs simplifiés et des régimes fiscaux incitatifs pour attirer les investisseurs internationaux.
Cette ambition s’étend désormais à l’ensemble du territoire, comme l’indique la déclaration d’utilité publique de 983 hectares à Illara en juillet 2025 pour la création d’une ZES tournée vers le Nigeria. À travers la multiplication de ces chantiers fonciers, l’État béninois démontre sa capacité à mener de front plusieurs grands projets d’aménagement, tout en valorisant l’expertise des cabinets d’études locaux.









