Home Actualité Crise sociale à la SRTB : le syndicat dénonce une vague de...

Crise sociale à la SRTB : le syndicat dénonce une vague de 169 licenciements unilatéraux et alerte sur la paralysie des services

77
0

La Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB SA) traverse une nouvelle tempête sociale. Après les départs forcés d’agents d’entretien et de récents préretraités, une nouvelle vague de licenciements frappe de plein fouet 169 agents du média de service public. Reçu sur Crystal News, Romulus Sédjamin, Secrétaire Général du Syndicat des Travailleurs de l’Audiovisuel Public du Bénin (Syntrap-Bénin), a vivement contesté la méthode et les critères de cette restructuration qu’il qualifie de brutale et d’abusive.

Bien que le syndicat reconnaisse la légitimité des réformes de modernisation visant à adapter la structure à son nouveau statut de société anonyme, il fustige l’opacité totale qui entoure le processus. Mené par le cabinet Régyform, l’audit de compétences n’a jamais été communiqué aux partenaires sociaux, malgré de multiples demandes et la promesse initiale d’un cadre de concertation sous l’égide de la Direction Générale du Travail.

Plus grave encore, le Syntrap-Bénin révèle des anomalies majeures dans la constitution de la liste des licenciés. Selon Romulus Sédjamin, de nombreux employés dont les noms figurent sur la liste des départs n’ont jamais été auditionnés ni écoutés par le cabinet d’audit. Le syndicat rejette donc fermement l’argument d’incompétence brandi pour justifier ces renvois, affirmant que plus de la moitié des personnes touchées possèdent une expertise indispensable à la maison.

Le secrétaire général alerte sur les conséquences techniques immédiates de ces vannes ouvertes. Des pans entiers de la structure ont été littéralement vidés de leurs forces vives. C’est le cas du service de montage de la télévision nationale qui, pour alimenter trois chaînes distinctes (Bénin TV, Bénin TV Alafia et Bénin TV Junior), se retrouve désormais avec un seul et unique monteur titulaire sur un effectif initial de plus de dix professionnels, le reste du travail reposant désormais sur des stagiaires. La radio nationale n’est pas épargnée, enregistrant des départs massifs au sein des rédactions en langues nationales ainsi que dans le corps des secrétaires.

Le syndicat déplore une stratégie du fait accompli de la part de la direction générale. Les velléités de consultation du personnel ont été systématiquement étouffées, le Directeur Général ayant exigé le report de l’assemblée générale sous prétexte des préparatifs de l’investiture présidentielle, alors même que la date d’application des licenciements était déjà actée en coulisses. Face au refus de l’administration de transmettre une liste officielle des personnes remerciées, le syndicat procède actuellement à un recensement manuel au fur et à mesure que les agents reçoivent leurs notifications individuelles.

Devant ce mur institutionnel, le Syntrap-Bénin, qui s’est longtemps voulu un syndicat de négociation et de responsabilité, avoue se retrouver face à ses limites d’action légale. Toutefois, la colère gronde au sein du personnel. Face à la multiplication de ces vagues de départs sans préavis, le secrétaire général prévient que l’éventualité d’un mouvement de grève généralisé sera analysée et discutée de toute urgence par la base dans les jours à venir.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here