Le Président sortant Paul Biya, le « Lion Indomptable » de la politique camerounaise, vient de s’assurer un huitième mandat consécutif. À 92 ans et après 43 ans passés aux commandes, l’homme qui semble avoir signé un pacte avec le temps a été réélu avec un score de 53,66 % des voix, selon l’annonce solennelle du Conseil constitutionnel ce lundi.
Cette élection présidentielle, tenue le 12 octobre, ressemblait davantage à un rituel qu’à une véritable course. Bien que l’opposant Issa Tchiroma Bakary ait tenté de jouer les trouble-fêtes, autoproclamé vainqueur et exhortant la foule à « défendre sa victoire », Paul Biya a encore une fois prouvé que sa chaise était plus confortable que n’importe quelle autre.
Malgré toute sa détermination, l’ancien ministre, figure principale de l’opposition, s’est contenté de la deuxième place avec 35,19 % des suffrages, un écart qui lui a donné une indigestion de gaz lacrymogène et un appel à l’insurrection. L’annonce des résultats est survenue après un week-end mouvementé. Dans la capitale économique, Douala, les manifestations en soutien à Issa Tchiroma Bakary ont tourné au vinaigre. Quatre personnes y ont malheureusement perdu la vie. Des témoins décrivent une ambiance digne d’un mauvais film d’action : les forces de sécurité, apparemment sans trop d’imagination, ont commencé par la sempiternelle salve de gaz lacrymogène avant de passer à l’étape supérieure, les tirs « à balle réelle », selon les manifestants.
En bref, Paul Biya, le détenteur du record de longévité politique en Afrique, a remis les pendules à l’heure : au Cameroun, le changement attendra… probablement un nouveau siècle. La seule certitude, c’est que l’opposition n’a pas réussi à débrancher le doyen.









