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Futur Sénat au Bénin : le professeur Victor Topanou doute de l’applicabilité des pouvoirs de l’institution

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Alors que la mise en place du Sénat prévue par la nouvelle Constitution suscite de vifs débats au Bénin, le professeur Victor Topanou apporte un regard critique et pragmatique sur la question. L’universitaire choisit de ne pas condamner ceux qui s’inquiètent des prérogatives de cette nouvelle institution, estimant que leur vigilance est nécessaire.

Pour l’enseignant-chercheur, les craintes exprimées par la classe politique et la société civile face aux compétences attribuées à cette chambre haute sont légitimes. Victor Topanou admet sans détours qu’il « y a des dispositions dans cette nouvelle constitution qui d’une manière ou d’une autre peuvent interpeller, peuvent ne pas rassurer. »

Loin de fustiger les critiques qui voient dans ce Sénat un outil potentiel de contrôle ou de blocage, il prend la défense des observateurs : « Il est de la nature de certaines personnes de servir d’alerte et quand ils sont dans leur rôle, il y a aucune raison de les en critiquer. »

Cependant, là où beaucoup redoutent une machine de guerre politique, Victor Topanou mise plutôt sur l’inefficacité pratique des textes. Selon son analyse, la configuration politique du pays et la diversité des profils appelés à y siéger rendront l’institution largement impuissante lorsqu’il s’agira de prendre des mesures coercitives ou d’unanimité de façade.

Il confie qu’il reste « convaincu qu’il y a des dispositions qui seront plutôt inapplicables. » Pour justifier son scepticisme face aux dérives redoutées du Sénat, il s’appuie sur une lecture des forces politiques en présence : « Je ne vois pas par exemple le président Soglo, le président Yayi, le président Holo, le président Amoussou, le président Nago, le président Idji se mettre ensemble pour dire on va sanctionner tel acteur parce qu’il a tenu tel propos. Je pense que ça serait difficilement réalisable. »

Pour l’universitaire, l’histoire constitutionnelle regorge de lois votées par les hommes que ces derniers n’ont jamais été « en capacité d’appliquer. » Le Sénat béninois pourrait bien, selon lui, hériter de cette même impuissance pratique.

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