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Le Sénat, grand absent de la cérémonie de prestation de serment de Wadagni ? : la Cour constitutionnelle statue sur un recours

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À moins de vingt jours de la prestation de serment du président élu, Romuald Wadagni, fixée au 24 mai, les sept sages de la Cour constitutionnelle se réunissent en audience plénière spéciale ce mardi 5 mai. Au cœur des débats, l’absence du Sénat, une institution pourtant convoquée par la Loi fondamentale pour la cérémonie d’investiture.

Le recours, déposé par le citoyen Midomiton Précieux Noël Dagan le 28 avril dernier, soulève une question de fond. La révision constitutionnelle de novembre 2025 a instauré un Parlement bicaméral et modifié l’article 53 de la Constitution. Ce texte stipule désormais que le serment présidentiel doit être reçu par le président de la Cour constitutionnelle devant plusieurs corps constitués, dont le bureau du Sénat. Le problème est de taille. À l’heure actuelle, le Sénat n’a toujours pas été installé. Ce décalage entre les exigences du texte et la réalité des institutions crée une impasse protocolaire que la Cour doit désormais trancher.

Le monde juridique béninois est en ébullition et se fracture en deux visions opposées. Portée par des figures comme Jean-Baptiste Élias, cette école soutient que le Sénat doit impérativement être mis en place avant le 23 mai. Sans son bureau, la cérémonie de prestation de serment pourrait être entachée d’une irrégularité constitutionnelle.

Défendue par le professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour, cette vision sépare l’acte juridique de l’apparat protocolaire. Pour lui, c’est le président de la Cour constitutionnelle qui reçoit le serment ; les autres institutions ne font qu’y assister. L’absence du Sénat relèverait donc d’un empêchement matériel qui ne saurait invalider l’investiture.

L’audience de ce mardi, qui débute à 15 heures, ne vise pas à entraver l’accession au pouvoir de Romuald Wadagni, mais à sécuriser juridiquement le processus. La Cour est appelée à constater officiellement l’« impossibilité matérielle » de réunir le bureau du Sénat. La décision des sept sages fera jurisprudence. Elle devra concilier le respect scrupuleux de la nouvelle Constitution avec l’impératif de continuité de l’État. Un arbitrage délicat qui déterminera si l’investiture du 24 mai se fera sous le signe d’une transition apaisée ou d’une incertitude juridique persistante.

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