On savait que le public béninois aimait le grand spectacle, mais là, on a frôlé l’hystérie collective au Palais des Congrès de Cotonou. Lors de la traditionnelle séquence des félicitations au tout nouveau couple présidentiel, il y a eu un avant et un après le passage des émissaires de l’Alliance des États du Sahel (AES). Autant vous dire que le thermomètre de la fraternité sous-régionale est monté d’un coup de dix degrés sur l’esplanade !
Tout a commencé quand le protocole a annoncé les délégations du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Là où certains diplomates ont droit à de polis applaudissements de salon, les ministres de l’AES, eux, ont été accueillis comme des rockstars en tournée africaine.
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a ouvert le bal sous une ovation qui a fait vibrer les lustres du palais. Juste derrière, le duo burkinabè composé de Karamoko Jean Marie Traoré (Affaires étrangères) et de son collègue de l’Économie et des Finances a transformé l’exercice protocolaire en standing ovation. Et pour couronner le tout, le Premier ministre du Niger, Ali Lamine Zeine, a carrément fait sauter les compteurs de l’applaudimètre.
C’est le signe noir sur blanc que l’heure est à la décrispation. Cette présence massive et hautement symbolique des dirigeants du Sahel participe activement à la normalisation des relations entre le Bénin et ces pays frères, après des mois de météo diplomatique plutôt fraîche. Voir Cotonou et les capitales de l’AES s’applaudir mutuellement, c’est surtout un immense signal d’espoir pour l’avenir de la sous-région.
Une manière très directe, fort bruyante et surtout politique pour l’assistance de rappeler que la fraternité entre les peuples africains, ce n’est pas juste de jolis discours pour les sommets de l’UA, c’est d’abord une affaire de cœur, d’espoir et de réconciliation. L’AES est venue, a félicité, et est repartie avec le prix du public et, on l’espère, de nouveaux accords sous le coude !









