Home Actualité Smart and Speed : quand les collaborateurs de Wadagni balancent sur la...

Smart and Speed : quand les collaborateurs de Wadagni balancent sur la méthode du nouveau boss

53
0

Alors que Romuald Wadagni prend officiellement les clés de la Marina ce dimanche, ses fidèles lieutenants ont décidé de vider leur sac. Pas de règlement de comptes en vue, mais le portrait robot d’un ovni politique qui gère ses équipes à la vitesse de l’éclair, lit dans les pensées et soigne les blessures à sa manière.

Wadagni au pouvoir, c’est d’abord un grand coup de pression psychologique. À son arrivée au ministère des Finances, l’homme a posé ses valises et ses conditions sans trembler : « Je suis venu seul… je ne veux pas vous changer, mais si vous ne suivez pas le rythme, je m’en sépare. » Dix ans plus tard, miracle de la science administrative : les mêmes cadres qui affichaient des performances « médiocres » sont devenus les génies des finances béninoises. Il lui a suffi de fixer le Nord comme une boussole humaine pour transformer des fonctionnaires fatigués en cadors de l’économie.

Dans les couloirs, ce style porte un nom : le mode Smart and Speed. Et quand on dit speed, ce n’est pas qu’il bacle, c’est qu’il a l’agilité intellectuelle d’un processeur de dernière génération. Gaston Zossou, le patron de la Loterie Nationale, en est encore tout tourneboulé. Lors d’une réunion pour un projet social, Zossou avait sagement calculé un montant secret dans sa tête. Avant même qu’il n’ouvre la bouche, Wadagni a pris la parole et a sorti exactement la même somme au franc près. Soit le nouveau président pratique la télépathie, soit la Loterie a des fuites. Même efficacité pour lever des fonds internationaux : là où l’administration classique réunit des cohortes de juristes et d’économistes pendant trois semaines pour accoucher d’un dossier, Wadagni enferme tout le monde et boucle l’affaire en quelques heures. Le surplace est tout simplement puni par la loi.

Mais que les ministres se rassurent, sous sa cuirasse de technocrate en chef diplômé de Harvard, l’homme a un cœur, rappellent Ilyass Sina, Gaston Zossou et Gérard Sokegbé au micro de la télévision nationale. Un collaborateur se fracture un doigt au ministère ? Wadagni affiche un visage horrifié avant de lui notifier une interdiction formelle et définitive de retenter l’expérience. L’empathie version sécurité d’abord. Plus incroyable encore : quand l’argent public manquait dans les caisses pour soutenir les familles d’enfants autistes à Abomey-Calavi et Cotonou, il a carrément sorti son propre carnet de chèques pour financer le programme sur ses deniers personnels.

Bref, avec un profil mêlant exigence millimétrée, vitesse d’exécution et management ultra-personnalisé, il gère chacun de ses 150 collaborateurs avec une approche unique, le nouveau chef de l’État s’apprête à faire passer le Bénin à la vitesse supérieure. Ses équipes sont prévenues : l’homme est extrêmement fier, et il est hors de question que l’histoire retienne qu’il n’a pas été à la hauteur.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here