Le milieu carcéral d’Abomey est au cœur d’un scandale de stupéfiants. Trois détenus de la maison d’arrêt d’Agbokpa ont récemment comparu devant le tribunal pour un trafic de chanvre indien organisé au sein même de leur lieu de détention.
Selon les réquisitions du ministère public, les trois prévenus, déjà sous les verrous pour d’autres causes, ont réussi l’exploit d’introduire 52 boulettes de chanvre indien dans l’enceinte de la prison. Ce stock n’était pas destiné à leur consommation personnelle, mais à un véritable business lucratif entre prisonniers. Les tarifs pratiqués donnent le tournis : 50 000 FCFA le sachet, pour un chiffre d’affaires total estimé à plusieurs millions de francs CFA. L’enquête révèle d’ailleurs qu’il ne s’agirait pas d’un coup d’essai, une première opération ayant déjà réussi à tromper la vigilance des gardiens.
Face à l’ampleur du trafic et à la nature des infractions, le Tribunal de première instance d’Abomey a tranché sur la procédure ce mercredi. Se jugeant incompétent pour statuer sur ce dossier criminel, le juge a ordonné son renvoi devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). Selon Bip radio, les trois mis en cause devront désormais répondre de leurs actes devant la juridiction spéciale de Porto-Novo, où ils risquent de lourdes peines venant s’ajouter à leurs condamnations initiales.









