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Système partisan : la suspension et le limogeage d’Adambi relancent les débats sur la réforme, selon Boni Richard Ouorou

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C’est à une toute autre analyse que les Béninois ont eu droit à propos de la suspension et du limogeage de l’ancien ministre Seïdou Adambi. Elle émane du politologue Boni Richard Ouorou. Dans un entretien qu’il a accordé à Crystal News, l’homme politique a poussé très loin, les réflexions sur les causes de cette double sanction infligée à l’ex-patron de l’énergie, de l’eau et des mines. 

Pour Boni Richard Ouorou, l’affaire Seïdou Adambi met en lumière les tares de la réforme du système partisan et relance les débats sur la nécessité de sa révision « Je suis surpris, en même temps, les raisons m’interpellent, comme ça devrait interpeller chaque Béninois soucieux de l’évolution de notre pays », a-t-il lancé avant d’analyser « il faut voir que ça s’est passé sur deux volets. Il y a eu, dans un premier temps, sa suspension du Parti du Bloc Républicain, dont il était membre ou même jusqu’à vice-président. Moi je suis allé écouter les raisons portées par le porte-parole du parti et ça m’a ramené beaucoup en arrière dans le sens que ça m’a confronté dans mon esprit du fait que le système partisan n’a pas encore été compris par tout le monde », a-t-il indiqué.

Et pire, poursuit-il « par les personnes même qui sont porteuses de cette loi-là. Si M. Adambi n’a pas pu respecter les exigences de cette loi, qu’est-ce qu’on nous reproche à nous, petits Béninois ? parce qu’il s’est dit, selon le porte-parole, que M. Adambi aurait mis en place des structures parallèles pour sa candidature prochaine à l’élection présidentielle 2026. Et en conséquence, le parti lui reproche de refaire des démarches politiques au sein du parti, mais de s’éloigner des exigences de la loi sur le système partisan. Ça veut dire que ce que nous disons depuis demeure que cette loi-là, non seulement ceux-là qui sont censés la porter, ceux-là qui sont censés être les premiers responsables de cette loi-là et en être à l’image, en sont incapables », a affirmé le Président du Mouvement Libéral.

Ce qui lui fait dire que cette « loi est cynique ». Pour lui, elle ne « résout rien, ne répond à rien, et qu’il faut revoir urgemment. Sinon, croyez-moi, les élections de 2026 seront un vaudeville. Ce sera un cafouillage total et Patrice Talon ne pourra pas la supporter… C’est pourquoi je dis, et je le répète, quand les lois doivent être formulées et que dans leur essence, elles ne sont pas débattues, comprises par l’ensemble des Béninois, qu’elles ne viennent pas répondre réellement à une préoccupation et que ces lois-là sont formulées dans une ambition personnelle, elles perdent de leur légitimité. Et même si les personnes qui sont censées la garantir ne peuvent pas supporter ces exigences, je pense que nous, petits Béninois, on ne peut pas trop nous en vouloir », a laissé entendre Boni Richard Ouorou.

C’est fort de cela qu’il a une fois de plus, appelé à sa révision « il faut revoir la loi sur le système partisan, il faut revoir le code électoral. Et je joins ma voix à plusieurs autres voix qui le disent depuis longtemps. Il ne faudrait pas qu’en 2026 nous revenions à la même chose que nous avons connue lors des élections passées, où c’est au moment de désigner les maires qu’on a suspendu l’activité pour retourner à l’Assemblée nationale, réflexionner la loi, ça fait un peu désordre. Donc je pense que Patrice Talon est quelqu’un de très conscient, qui sait ce qu’il veut pour notre pays, qui est mandaté pour ça, mais il faut que dès maintenant, qu’il commence à nous écouter », a-t-il plaidé.

Car, indique-t-il, « Nul n’a intérêt à ce que Patrice Talon sorte par la petite porte ou qu’il y ait du désordre dans notre pays. Non, on a tous intérêt à l’accompagner pour que le processus de développement qu’il a entamé pour notre pays aille à son terme et que d’autres personnes viennent faire mieux. Mais pour ça, nous devons faire en sorte que ce que nous laissons aujourd’hui comme héritage ne soit pas détruit juste après. La loi-là sur le système partisan, le code électoral, s’il vous plaît, il faut que ce soit revu de façon concertée », a souhaité l’acteur politique Boni Richard Ouorou.

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