L’affaire devant la justice a enfin été tranchée par le Tribunal de commerce de Cotonou. Deux étudiants béninois, laissés sans un sou en Europe pendant six mois, réclamaient 30 millions de FCFA à Orabank et à la société intermédiaire ENERGY SARL pour rupture de leurs virements mensuels. Les juges ont finalement mis la banque hors de cause, pointant du doigt la seule négligence de l’intermédiaire qui a oublié d’envoyer les ordres de transfert.
C’est la mésaventure complète qu’ont vécue A. Junior, étudiant à Marseille, et A. Emmanuel, étudiant en Suisse. Pour obtenir leurs visas d’études, leurs parents avaient pourtant pris soin de bloquer l’argent nécessaire dans les livres d’Orabank Bénin. Pour s’occuper de transférer mensuellement cette pension, la famille était passée par un intermédiaire : la société ENERGY SARL. Mais après un tout premier virement en octobre 2025, plus rien. Privés de leurs sous de subsistance pendant six longs mois en Europe, les deux étudiants ont traîné la banque et l’intermédiaire devant le Tribunal de commerce de Cotonou, leur réclamant 30 millions de FCFA pour le préjudice subi.
Devant les juges, c’était le jeu de ping-pong. D’un côté, ENERGY SARL jurait que le virement était censé être automatique et que c’était à la banque de transférer l’argent chaque mois sans qu’on le lui demande. De l’autre côté, Orabank a répliqué que l’attestation bancaire prouvait juste que l’argent était bien bloqué, mais qu’elle ne pouvait pas faire de virement sans recevoir un ordre précis de l’intermédiaire chaque mois.
Le verdict est tombé début juillet 2026, et le Tribunal a donné raison à la banque. Les juges ont expliqué qu’un papier certifiant que l’argent est bloqué ne vaut pas ordre de virement automatique. Pour le Tribunal, c’est bien ENERGY SARL qui a fait preuve de négligence en oubliant d’envoyer les ordres de transfert mensuels.
Si les deux étudiants n’ont pas obtenu les 30 millions de dommages-intérêts faute de preuves précises sur leurs pertes, la justice a tout de même ordonné à Orabank de leur verser immédiatement tout l’argent qui restait bloqué. Une décision qui rappelle aux familles qu’il faut être extrêmement vigilant avec les contrats signés pour les études à l’étranger.










