Le procès du commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé s’est ouvert ce lundi 9 février 2026. Pour sa première comparution devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), l’officier de police a dû s’expliquer sur la vidéo virale qui lui a valu son arrestation en décembre dernier.
Incarcéré depuis le 16 décembre 2025, le prévenu fait face à des accusations lourdes : incitation à la rébellion, appel à la haine et détention illégale d’armes à feu. À la barre, l’homme a plaidé non coupable pour l’ensemble des chefs d’inculpation. Devant les magistrats, il a retracé son itinéraire au sein des forces de défense et de sécurité, de son incorporation dans l’armée en 2014 à son intégration dans la Police républicaine après la fusion de 2017.
Si Delcoz Kindjanhoundé reconnaît être l’auteur de la séquence diffusée sur les réseaux sociaux, sa ligne de défense repose sur une distinction de statut. Il affirme avoir agi en tant que citoyen épris de liberté pour appeler à une « révolution démocratique ». Un argumentaire qui s’est heurté à la réalité des images. Selon Fraternité, la Cour lui a rappelé qu’il portait son uniforme de commissaire dans ladite vidéo. Pour les juges, ce détail est crucial, car il place l’acte en contradiction directe avec l’obligation de réserve et de neutralité absolue imposée à tout porteur de tenue.
Pour expliquer son passage à l’acte, le commissaire a livré un témoignage poignant sur son déploiement dans le nord du Bénin fin 2023, en pleine lutte contre le terrorisme. Marqué par des scènes de guerre et la perte de frères d’armes, il soutient que sa vidéo était un cri du cœur pour honorer la mémoire des soldats tombés au front. Il a également affirmé avoir tenté d’alerter sa hiérarchie par des canaux officiels, sans obtenir de réponse.
Le ministère public maintient ses réquisitions, accusant l’officier d’avoir publiquement menacé les institutions de la République et le chef de l’État. Bien que ses paroles n’aient été suivies d’aucun passage à l’acte, la justice entend traiter la menace avec la plus grande rigueur. Faute d’avoir pu épuiser l’ensemble des motifs de défense, la Cour a prononcé le renvoi de l’affaire au 20 avril 2026. D’ici là, le commissaire Kindjanhoundé reste maintenu en détention préventive.









